Pérou Sud

Nous quittons Huaraz pour rejoindre Cusco, en bus, le temps nous étant un peu compté (pis bon, on est aussi un peu flémard, y'a beaucoup de montées!). Malheureusement, nos voyages en bus sont presque plus mouvementés qu'à vélo. Vers 5 heure du matin nous sommes réveillés par le bus qui se balance de gauche à droite, puis s'immobilise, mais bien penché. Il fait nuit, nous ne voyons rien, et aucune instruction du chauffeur… nous finissons par faire comme tout le monde et sortons du bus voir ce qu'il se passe! Le bus est coincé dans la rigole sur le côté gauche de la route, et est penché à quelques cm de la falaise. Heureusement, car à droite, c'était le ravin. Nous sommes tous sur le bord de la route, au froid, à attendre ce qu'il va se passer. Au bout d'une heure, une dépanneuse arrive et sort le bus sans trop de soucis et nous pouvons repartir. A aucun moment il y a eu une information ni excuse de la part du chauffeur ou membre de l'équipage. Nous pouvons finalement reprendre notre route vers Cusco où nous arriverons après 26 heures, au lieu des 18 prévues.

Nous passerons juste deux jours à Cusco afin de visiter la ville (très belle) et de se plonger parmi tous les touristes (trop de touristes!). Nous reprenons enfin le vélo pour rejoindre Ollantaytambo, petite ville bien sympathique et agréable, car pour la plupart piétonne, d'où nous partons pour Machu Picchu pueblo. Après 5 h de bus, puis 2 heures de marche le long de la voie ferrée, nous atteignons Machu Picchu pueblo (ou Aguas Calientes), village accessible seulement en train ou à pied, posé là pour les touristes qui vont au Machu Picchu. Tout y est 2, 3 voire 5 fois plus cher qu'ailleurs. Pour aller voir le Machu Picchu nous nous réveillons à 4 heure pour être à 4 heure et demi à attendre le bus. La file d'attente est déjà énorme et remonte toute la rue du village. Ne nous demandez pas comment nous avons fait mais nous nous sommes retrouvés dans le troisième bus qui montait au site. Là nous étions dans les premiers à entrer, ce qui est vraiment bien plus beau sans tout ce monde (5000 personnes par jour). Nous passons une bonne partie de la journée dans le site, entre la montaña et les ruines. C'est très touristique, mais impossible de passer à côté sans le visiter. Nous sommes bien content de l'avoir vu et de le quitter, en train cette fois, direction Ollantaytambo.

Nous retrouvons notre vélo et remontons le Rio Urubamba le long de la vallée sacrée. Nous nous arrêtons à Checacupe pour aller voir la montagne des sept couleurs. Nous nous levons de nouveau à 4 heure du matin et attendons un bus qui pourrait nous y emmener. Après plus d'une heure et demi d'attente au froid, un pick-up passe enfin et nous y amène. Nous sommes à nouveau dans les premiers à entrer dans le site. Une marche d'une heure à travers une belle vallée pleine de couleurs, vertes, rouges, grises, blanches, … nous emmène à 5030 mètres, sur un mirador afin d'admirer la fameuse montagne. Le temps change très rapidement, parfois nous la voyons parfaitement et juste après il n'y a que du brouillard, puis de la neige. Nous sommes contents d'être dans les premiers car quand nous repartons il y a une colonne de touriste qui monte. Petite anecdote: nous arrivons à notre hôtel vers 4 heure de l'après-midi, tout est fermé. Nous cherchons les propriétaires sans résultat, nous demandons aux voisins qui nous rassurent en nous disant qu'ils ne vont pas tarder à rentrer. Après 2 heures d'attente nous cherchons un peu plus et trouvons quelqu'un qui a le numéro de téléphone de la fille des propriétaires. Il l'appelle et nous dit qu'ils vont rentrer dans une demi-heure. Deux heures plus tard, ils arrivent enfin pour nous ouvrir la porte, avec à peine un mot d'excuse. A 20 heure nous pouvons enfin nous reposer de cette belle et fatigante journée.

Nous continuons le long de la vallée sacrée jusqu'à atteindre notre plus haut col à vélo: Abra la Raya, à 4338 mètres, le col en soit n'est pas dur, mais dès les 4000 mètres nous ressentons qu'il est plus difficile de respirer.

Là nous rencontrons Alem, un argentin partit de Lima et qui retourne chez lui. Nous descendons vers le lac Titicaca avec lui. A Juliaca nous nous arrêtons dans la casa de ciclista de Giovanni, c'est génial de rencontrer d'autres cyclistes et de partager nos expériences. Il y a là un chilien, un catalan, une équatorienne, un brésilien, deux français, Alem et nous.

A Puno, au bord du lac Titicaca nous retrouvons Dani (le catalan) et Patricia (l'équatorienne) nous allons visiter les îles flottantes des Uros sur le lac. Intéressant de voir la façon dont ils construisaient ces îles, et comment ils vivent là-bas. Nous fêtons aussi l'anniversaire de Benoit en faisant du pédalo (en forme de cygne) sur le lac Titicaca, ça change du vélo. La route qui nous mène en Bolivie longe le lac donc est assez plate mais nous avons un petit vent de face qui mine de rien nous embête beaucoup.

Cette deuxième partie du Pérou nous a laissé pleins de beaux souvenirs, et clôt majestueusement notre aventure au Pérou! Nous entrons déjà en Bolivie, 4ème pays de notre aventure en Amérique du Sud (déjà!).

Vidéo du Sud du Pérou
Photos du Pérou

Pérou Nord

Le passage de la douane péruvienne se passe sans encombre, le douanier nous octroyant 100 jours. Nos premiers coups de pédales au Pérou sont un vrai plaisir, la route étant asphaltée! Il y a de grandes montées, mais les pentes sont nettement plus "suave" (douces) qu'en Equateur. Nous savons que nous sommes au Pérou, il y a des mototaxis partout ici. Benoît est content, après trois jours, nous nous sommes déjà fait invités deux fois à partager une bière avec des péruviens. Ici, il y a un rituel pour boire la bière: ils ont une grande (voir plusieurs) bouteille et un seul petit verre qu'ils boivent, puis transmettent à la personne à leur gauche.

Sur la route qui nous emmène de San Ignacio à Jaen nous sommes très surpris de nous retrouver entourés de rizières, on se croirait presque en Asie. Il fait chaud en plus, quel plaisir! A Jaen nous profitons d'un hôte warmshowers qui a un magasin de vélo pour bien réparer le vélo (encore!). Nous changeons complètement la roue arrière car elle commence à se fissurer autour des rayons. Il nous mettra aussi de nouveaux rayons, mais apparemment, ils n'avaient pas de rayons de très bonne qualité, mais nous ne le constaterons seulement par après. Nous changeons aussi les plateaux et passons d'un 26/36/48 à un 22/32/42 qui devraient nous aider à passer les Andes un peu plus facilement. Nous quittons Jaen par l'Ouest, dans les montagnes, alors qu'initialement nous pensions rejoindre la côte. Suite à diverses discutions qui nous mettaient en garde contre l'insécurité et la dangerosité de la Panamerica Norte. Nous ne le regrettons pas. (enfin...la plupart du temps)

Suite au conseil du Warmshower, nous passons par un "raccourcis" qui nous fait prendre une petite barque au-dessus d'un rio, puis pousser (à 3!) le vélo dans 30 cm d'eau… toute une aventure! Nous passons une première nuit de camping au Perou au bord de la lagune de Burlan, quel bonheur de profiter du lever de soleil sur l'étang et de la vue sur les montagnes. Le jour suivant nous longeons et remontons le rio Utcubamba dans un canyon. C'est entouré de roches et de montagnes abruptes que nous arrivons à Pedro Ruiz.

Nous nous accordons une journée sans vélo pour aller voir la Catarata de Gocta qui était pendant longtemps la troisième plus haute cascade du monde avec ses 771 mètres de haut, jusqu'à ce qu'ils découvrent, il y a quelques années, qu'il y en avait une encore plus haute un peu loin. Quatre heures de marche dans la forêt amazonienne pour admirer cette énorme chute d'eau. Au retour nous avons eu droit à un déluge sur nos têtes. C'est complètement trempé (et congelés) que nous rentrons de notre petite expédition. Le soir nous retrouvons Nyle, Andrea (le couple canado-allemand rencontrés à Tumbaco) et Julien (un cyclo voyageur de Lille) afin de souper tous ensemble. Le lendemain nous partageons la route avec Julien jusqu'à Nuevo Tingo, c'est très agréable de pédaler à nouveau avec quelqu'un d'autre (ça faisait longtemps). Nous visitons les ruines de Kuelap (où nous prenons une télécabine pour y arriver), site Inca où nous pouvons découvrir leur façon de vivre. Mais à vrai dire nous profitons surtout du splendide panorama que nous offre ce belvédère. Le soir nous mangeons à nouveau tous ensemble Nyle et Andrea nous ayant rejoint.

C'est toujours en compagnie de Julien que nous continuons à remonter le canyon et commençons à attaquer des pentes un peu plus raides. C'est dans la montée en direction de col Calla Calla que le moyeu de notre roue arrière se bloque, nous pouvons encore avancer mais nous ne pouvons plus nous arrêter de pédaler, pas idéal à la descente. Alors que nous regardons ce que nous pouvons faire, une famille qui habite juste au bord de la route nous demande si nous voulons passer la nuit chez eux. Il se fait tard, et nous acceptons avec plaisir. Nous posons nos tentes au rez-de-chaussée de leur maison. Alors que nous nous apprêtons à nous faire à manger, ils nous demandent ce que nous faisons. Hors de questions que nous nous fassions à manger, ils nous invitent à partager la soupe et le café avec du pain. Quel moment intense vécu à ce moment, à 9 dans une toute petite cuisine sans eau courante juste deux plaques à gaz, un feu pour chauffer les aliments. Les chiens, chats et poules qui viennent tenter de trouver un peu de nourriture qui trainerait. Ils nous posent tout plein de questions parfois très surprenantes et parfois très banales. Nous ne savons pas qui sont les plus intrigués, eux qui ne savent même pas où est la Suisse et vaguement l'Europe ou nous de se retrouver dans ce lieu improbable. Le lendemain, ils nous invitent à nouveau à partager la soupe avec eux (oui les repas à la campagne ne sont pas très variés). Un très beau moment de partage avec cette famille!

C'est à contrecœur que nous décidons de faire du stop pour relier au plus vite Cajamarca et réparer (encore) le vélo. Il n'y pas beaucoup de voitures qui passent par-là, au bout d'une heure d'attente infructueuse nous décidons d'attaquer le reste de la montée à vélo et c'est à ce moment qu'une grosse jeep passe, c'est un jeune couple américano-péruvien qui va justement à Cajamarca. Quelle chance nous sommes bien confortablement assis à l'arrière pour contempler les 15km de montée qu'il nous restait puis les 60km de descente avec des paysages à couper le souffle puis encore 50km de montée puis encore 100km jusqu'à Cajamarca. C'est un peu frustrant de rater ces beaux paysages, et Tessalia propose même de revenir le faire à vélo. Mais finalement nous sommes aussi contents d'avoir passé tous ces obstacles bien facilement. Nous trouvons (par chance) un atelier de réparation de vélo (nous n'avons pas trouvé de magasin de vélo à proprement dit) mais ils ont pu réparer notre roue, c'est tout ce qui compte. Nous profitons aussi de visiter la ville qui n'est pas spécialement jolie mais très agréable (il y a surtout de bonnes boulangeries!). Nous allons aussi prendre un bon bain chaud à Baños del Inca. C'était assez surprenant, en fait c'est de petites pièces privatives avec une baignoire et elle est à notre disposition pour 40 minutes. L'eau est bouillante, ça fait du bien de se faire du bien. Le soir nous retrouvons aussi Julien pour un dernier souper ensemble, lui partira faire du surf sur la côte et nous continuons dans les montagnes.

Les montagnes offrent des paysages somptueux, mais vers les 3000 mètres il n'y fait pas toujours très chaud. Nous quittons les routes goudronnées pour emprunter des routes de terre, en général en bon état, quoi que... Après un col à plus de 3500 mètres c'est gentiment la fin de la journée, il ne fait pas chaud et en plus il commence à pleuvoir. Nous apercevons un couvert au bord de la route, demandons à la paysanne si nous pouvons y mettre notre tente afin de passer la nuit un peu à l'abri de la pluie et du vent. Elle accepte très volontiers, un peu plus tard ses enfants viennent nous chercher pour partager la soupe avec eux. Nous nous retrouvons dans une toute petite cuisine sans électricité, elle cuisine uniquement au feu de bois, la pièce est enfumée. Ici, il y a aussi chiens, chats et poules mais en plus les cochons d'inde qui se faufilent entre les meubles et récupèrent les maïs qui trainent par terre. Nous partageons le repas avec tous ces gens, il n'y a pas beaucoup de paroles mais l'instant est très fort (en tout cas pour nous). Nous sommes désolés, nous n'avons pas pris de photos des gens où des endroits chez les habitants, il ne nous semblait pas approprié de sortir nos téléphones ou appareil photo dans ces moment-là. Au moment de partir un des adolescents nous demande quand même notre Facebook. Ils ont juste un petit panneau solaire, mais ils ont quand même presque tous un smartphone et sont connectés.

Nous avions prévu une journée tranquille afin d'arriver assez tôt à Cachicadan où il y a aussi de l'eau thermale. Malgré la route principale fermée et le fait que nous devons emprunter une route en moins bon état et beaucoup plus vallonnée que la principale finalement nous n'arrivons pas trop tard (mais trempés et gelés) à destination. Nous trouvons un petit hôtel avec baignoire thermale dans la chambre. Ne vous faites pas trop d'illusion nous n'avons pas soudainement la grande vie. Il s'agit d'une toute petite chambre avec juste la place pour le lit, la baignoire (un bac carrelé) et les toilettes, mais c'est chouette. Le matin nous allons un voir un artisan qui manie la fibre de verre pour réparer le pied de la remorque, qui a beaucoup souffert après la chute, l'accident, les gens qui s'assoient sur le vélo ou les enfants qui se couchent sur la remorque. Il recolle le pied et répare même d'autre fissures, impossible de l'arrêter. Au moment de partir nous lui demandons combien nous lui devons mais il ne veut rien, impossible de lui donner quoi que ce soit, il veut juste que nous puissions continuer notre aventure.

Nous serpentons le long de routes en terre entourés de paysages magnifiques. C'est très agréable de rouler dans ce coin de pays. Arrivé à Mollepata nous retrouvons enfin une route goudronnée (après 4 jours). Si elle est goudronnée c'est parce que c'est raide. Nous descendons 1500 mètres et remontons 1500 mètres juste après. Nous nous arrêtons presque à chaque virage pour prendre des photos tellement les paysages sont beaux. Nous descendons ensuite dans un canyon. Les paysages son arides, faits de pierre et de cactus. Ça change vraiment de ce qu'on avait eu avant, mais c'est magnifique. Arrivés peu avant le Canyon del Pato, nous cherchons un endroit où mettre notre tente pour passer la nuit. Nous avons 6 rayons de cassés, donc nous poussons notre vélo, mais à peine avons-nous commencé à pousser qu'un pick-up s'arrête et nous propose de nous emmener jusqu'à Caraz. C'est finalement cheveux au vent et debout derrière un pick-up que nous verrons le Canyon del Pato. Enfin juste le début car à la fin nous le traverserons de nuit.

Caraz se situe entre la cordillère blanche et la cordillère noire. Nous laissons donc le vélo quelques jours pour aller marcher. Nous louons un sac à dos et partons 4 jours faire la Quebrada Santa Cruz, une randonnée qui nous emmènera au milieu de la cordillère blanche, dans le parc du Huascaran. Quel changement de se retrouver encerclés de montagnes enneigées. Le deuxième jour, nous passons le col de Punta Union, à 4750 mètres. Les derniers pas se font plus durs, l'altitude se faisant sentir et nos sacs sont lourds avec tout le matériel et la nourriture. Mais le paysage que nous avons depuis là-haut est à couper le souffle et vaut vraiment la peine! Pour une fois c'est presque agréable de se lever la nuit pour aller faire pipi, le ciel est sans nuages, les glaciers réfléchissent avec la lune même pas pleine et nous pouvons admirer la voie lactée. La reprise du vélo est assez dure, les muscles se font sentir après toute cette marche. La route pour Huaraz offre de très beaux paysages sur la cordillère blanche malheureusement il n'y a pas d'accotement et le trafic est dense. En ville, même petite ce n'est vraiment pas agréable de rouler, les chauffeurs ne font pas vraiment attention à nous et klaxonnent tout le temps. Nous passons deux jours à Huaraz puis embarquons dans un bus pour Cusco. Nous nous rendons compte que si nous voulons arriver pour fin février à Ushuaia il faut que nous nous dépêchions un peu. Enfin, nous avons pris le choix de prendre le bus de temps en temps (là où l'on nous a dit que c'était moins beau ou vallonné) et de choisir les endroits qui nous semblent plus intéressants et prendre le temps de profiter.

Vidéo du Nord du Pérou
Photos du Nord du Pérou

Equateur

Passage de la frontière sans encombre, avec juste un peu d'attente des deux côtés, mais ça passe relativement vite car nous sommes toujours submergés de questions par les autres voyageurs.

Bienvenidos en Ecuador et ses côtes escarpées: à peine entré en Equateur que nous faisons leurs connaissances! Mais les paysages rendent le voyage agréable, la pause photo étant toujours une excuse agréable pour se reposer. Nous passons notre première nuit chez les pompiers de San Gabriel. Même pas besoin de leur demander l'hospitalité: à peine ils nous voient, ils nous souhaitent la bienvenue et nous montrent où nous pouvons dormir. Nous passons la nuit avec un colombien venu de Bogota. Pour la suite nous vous épargnons les montées jusqu'à Ibarra, où nous sommes accueillis chez la maman d'un ami de notre hôte à Pasto (en Colombie). Nous sommes si bien que nous y restons deux jours, Benoît étant aussi très fatigué (pour une fois que c'est lui).

Nous évitons enfin la Panamerica et en récompense de nos efforts le Cayambe se dévoile (un peu) à nous. C'est bizarre de voir une montagne enneigée ici quasi sur la ligne de l'équateur. Il y a beaucoup de vent et l'air est très frais. Nous passons la "mitad del mundo", ligne de l'équateur, où nous nous arrêtons un bon moment afin de prendre tout plein de photos. Benoît est tout content d'avoir pu enregistrer sa position avec la coordonnée Nord 00°00.0000' (un truc de géomètre). Etonnamment ce passage symbolique nous fait moins d'effet que le Canal de Panama, mais c'est drôle quand même.

Proche de Quito nous passons quelques jours à la casa de ciclista de Santiago, c'est un chouette endroit où nous nous retrouvons avec pleins d'autres cyclistes (des colombiens, des basques, un canadien, une allemande, un brésilien et une polonaise). Nous en profitons pour réviser et nettoyer le vélo, aller visiter Quito (en bus). Nous repoussons notre départ d'un jour car on nous propose un dîner sushi le lendemain. (Enfin, c'était pour 13h, puis toutes les 5 minutes ils nous disaient c'est prêt dans 5 minutes, finalement nous avons "dîné" à 17h!) Le soir nous avons été invité chez un chilien à boire un alcool de cane (très fort) et manger du bon guacamole autour du feu. C'est des moments comme ça entre autre qui nous font aimer ce voyage!

Nous arrivons enfin à partir de la casa de ciclista et nous nous dirigeons vers le volcan Cotopaxi, première nuit à mi-chemin, nous demandons à un paysan si nous pouvons mettre notre tente dans son champ. Il accepte et nous propose même un très bel endroit sur un rocher avec vue sur une cascade. La "vraie" montée vers le Cotopaxi, le lendemain, est extrêmement dure pour nous. C'est une route de cailloux très raide, pas facile de garder l'équilibre, et nous devons souvent pousser. De plus, le vent s'est levé, et il commence à faire froid (7° au soleil, glacial dès que celui-ci s'est couché) Mais à chaque fois, la vue sur le volcan nous aide à surmonter ces difficultés. Nous passons la nuit au pied du volcan à 3'800 mètres, avec vue sur la lagune, tout seuls au milieu d'un immense champ. C'est vraiment pour des endroits comme celui-là que nous aimons notre voyage. Au petit matin la brume nous encercle, nous allons marcher un peu au bord de la lagune en espérant que les nuages se dissiperons. A midi, notre vœu a été exaucé, le Cotopaxi se dévoile à nouveau à nous, quel spectacle!

Les jours suivant ne sont que de la descente (enfin presque) jusqu'à Baños, petite ville touristique entre des falaises, avec vue sur rivière et volcan. Pour nous reposer du vélo nous faisons 6 heures de marche pour aller faire de la balançoire dans le vide à la casa de arbol, pas très reposant en fait (surtout le lendemain, où les muscles se font sentir à chaque coup de pédale). Nous descendons ensuite vers la selva (la partie de forêt amazonienne de l'Equateur), où nous retrouvons un peu les paysages de forêt tropicale humide que nous avions au Costa Rica et Panama. L'humidité et la pluie sont aussi au rendez-vous. Nous nous arrêterons un jour à Macas pour essayer de faire sécher nos affaires, en vain. A Limon nous décidons de prendre un bus pour Cuenca, car nous avons entendu que la ville vaut la peine d'être visitée et comme notre frein arrière nous a à nouveau lâché, c'est une bonne raison de quitter les pluies de l'Amazonie.

Notre voyage en bus ne fut pas de tout repos. Il était censé durer environ 3 heures mais après 2 heures de virages, de montées de descentes et de route pas goudronnée nous nous arrêtons. Nous allons tous, un peu surpris, voir ce qu'il se passe. La route est fermée en raison d'un éboulement. Nous voyons la roche s'effriter et les cailloux tomber, c'est impressionnant. Notre chauffeur décide d'attendre que ça se calme pour espérer passer. Après 5 heures d'attente, il se décide à faire demi-tour. Deux heures pour retourner à Limon et 5 heures de trajet par l'autre route. Après 14h de "trajet", nous arrivons enfin à 23h30 à Cuenca. Ce fut une longue journée, mais c'est toujours mieux que de finir au fond d'un ravin ou assommé par une pierre. (et c'était une expérience impressionnante!)

Nous avons donc pu enfin visiter Cuenca qui effectivement est une très belle ville, et acheter le matériel afin d'essayer de réparer notre frein.

C'est avec deux freins qui marchent (plus ou moins) que nous repartons vers le sud. Le frein se comporte quand même toujours bizarrement: lorsque nous sommes en altitude (vers les 3000m) il fonctionne normalement et quand nous sommes plus bas (vers les 1500m) il ne fonctionne plus. Nous ferons quand même quatre jours comme ça. Nous voulions quitter l'Amazonie et sa pluie nous nous retrouvons dans les montagnes et… sous la pluie, en plus de ça il fait froid. (Vraiment froid! On a même ressorti les gros gants et la cagoule) C'est bien dommage, car les paysages semblent vraiment beau! Nous passons une nuit dans la salle communale d'un tout petit village (quatre murs un toit et la porte et les fenêtres qui laissent passer l'air) mais au moins nous sommes à l'abri. Pas facile de repartir le matin quand il fait froid et qu'il faut remettre les habits tout mouillés. Nous arrivons le soir dans un petit village qui nous plait tout de suite beaucoup: ici, c'est un mélange de cultures, entre la campagne (où les personnes parlent quechua et sont habillés traditionnellement) et la ville (où ils sont habillés à "l'occidentale" et parlent espagnol). Et cela sans distinction d'âge.

Ensuite nous arrivons à Loja par une jolie petite route de terre, pas encore complètement sèche. C'est beau, nous longerons une rivière au fond d'une vallée. A Loja nous sommes accueilli par des hôtes warmshowers géniaux et nous pouvons enfin nous reposer, laver nos habits et réparer définitivement le frein. Nous avons dû acheter une nouvelle poignée car en fait la pompe de l'hydraulique était cassée, ça fait mal au porte-monnaie mais toujours moins mal qu'une descente sans freins (après 2 mois à avoir des problèmes, ça commence à bien faire!)

De Loja nous allons à Vilcabamba, village très touristique où nous retrouvons la chaleur et le sec. Ici, ça fait plusieurs mois qu'il n'a pas plu. Dans un petit camping nous rencontrons un couple de français qui remontent de la Patagonie en jeep. C'est sympa de partager les expériences de voyage des uns et des autres, et ça donne plein d'envies pour la suite!

Nous quittons Vilcabamba pour nos derniers jours en Equateur. C'est agréable nous roulons en pleine nature, et pour le premier août nous trouvons un bel endroit avec une superbe vue sur les montagnes, juste le temps de monter la tente, faire à manger et admirer le coucher de soleil puis le ciel étoilé. Magnifique! Nous croyons avoir fait beaucoup de montées, mais ce n'était rien comparé au jours suivants! Nous avons juste besoin de la petite vitesse et des freins car il n'y a que deux options soit ça monte (raide), soit ça descend (raide) il n'y a pas d'entre deux. Pour couronner le tout, les 50 derniers kilomètres avant la frontière ne sont pas goudronnés. Nous passons notre dernière nuit en Equateur à Zumba, où nous demandons à la police où nous pourrions passer la nuit en sécurité (car il y a beaucoup de monde en ville, il y a une manifestation sportive). Ils nous proposent spontanément une chambre, dans la gare routière car ils possèdent un poste là-bas qu'ils n'utilisent pas. Dernier jour en Equateur, 25 kilomètres nous séparent de la frontière, au petit matin il pleuvine, la piste à la descente est une patinoire il faut vraiment descendre très lentement. A la montée il nous faut parfois pousser, nos roues sont pleines de boue, nos chaussures aussi, pas facile d'avancer. Heureusement après la première bosse le soleil revient, sèche la route et notre vélo. Mais les pentes sont tellement raide que nous passons plus de temps à pousser qu'à pédaler (vive le vélo!).

Nous arrivons enfin à la frontière, le poste de douane est vide, et nous cherchons les douaniers. Après quelques recherches nous les trouvons en train de jouer au volley. Nous devons attendre (environ 1 heure) qu'ils terminent leur partie afin de traverser le pont qui nous sépare du Pérou.

Ouf, enfin arrivés! Qu'est-ce que c'était dur l'Equateur, mais un pays magnifique, plein de surprises!

Vidéo de l'Equateur
Photos de l'Equateur

 

On a aimé

  • Les glaces
  • Les paysages
  • Les douches chaudes

On a moins aimé

  • Les chiens
  • Les chiens
  • Les chiens

On a été surpris

  • Les odeurs d'eucalyptus
  • Les papillons

Colombie

Nous arrivons de nuit en voilier dans le port de Carthagène, l'air est frais, les immeubles et les étoiles illuminent la nuit. Nous dormons une dernière fois sur le bateau. Au petit matin nous débarquons et nous allons nous installer dans un petit hostel avec certains de nos compagnons de voyage (2 Delphine françaises ainsi que Fabian et Salomé un couple zurichois). Le soir nous nous retrouvons toute l'équipe du bateau pour récupérer nos passeports et passer une dernière soirée ensemble. Nous visitons Carthagène, ville très agréable, très propre et très touristique. Vu l'excellente ambiance sur le bateau, nous nous retrouvons encore une fois tous pour un après-midi atelier chocolat (ça ne vaut pas le suisse). Le centre-ville, très colonial est magnifique et plein de petites boutiques et de restaurants comme Tessalia les aiment. Nous retrouvons aussi des vendeurs de rues, avec des arepas, des brochettes, et du chorizo. Mmm… Les rues s'animent la nuit, et nous admirons les différentes démonstrations de danse et les cours de zumba sur la place publique. C'est presque à regret que nous quittons cet endroit (magnifique, mais très cher aussi). Nous reprenons donc enfin notre vélo et quittons Carthagène, et nous découvrons là une toute autre facette de la ville. Nous avions vu le coté propre, coloré et animé et à mesure que nous nous éloignons, nous traversons des quartiers beaucoup plus pauvres et sales, jusqu'à arriver sur des chemins de terre et des gens vivant dans de petites maisons en bois. La différence entre ces deux mondes est vraiment impressionnante, et nous a presque choqué. Mais nous sommes heureux d'avoir pu voir ce que l'on n'aurait surement pas vu en prenant un bus.

Une fois sur la grande route c'est des kilomètres de route plate avec un bel accotement et un trafic assez calme. Nous retrouvons les plans de bananiers, par contre la chaleur et l'humidité nous sont extrêmement pénible. Nos corps souffrent passablement et nous essayons d'écourter les journées. Ici, nous sommes heureux de pouvoir prendre des douches froides!

Nous sommes accueillis chez un colombien, et sur la route qui mène à sa finca (ferme) nous lui demandons si la région est dangereuse. Il nous répond que nous n'avons absolument rien à craindre la région est super calme nous dit-il, mais il se promène avec un pistolet sur le tableau de bord (nous avons préféré ne pas demander plus...).

A Apartado, en quittant la côte Atlantique, nous sommes accueillis par un ami d'un warmshower qui ne pouvait nous accueillir. Mais quel accueil! Il possède un restaurant Argentin, donc pour le premier soir il nous invite à manger là-bas (comme les jours suivants d'ailleurs) (Miam! Tessalia en a même oublié qu'elle ne mangeait pas beaucoup de viande!). Il nous présente à un ami cycliste, et ils nous font visiter la ville et nous emmènent partout avec eux. Notre séjour dans cette petite ville fut vraiment très agréable. Afin d'éviter quelques belles montées et comme nous sommes un peu en retard sur notre planning (et parce que l'on fait ce que l'on veut) nous prenons le bus pour rejoindre Medellin.

Nous passons beaucoup plus de temps que prévu à Medellin car il y a vraiment beaucoup de chose à découvrir dans celle très belle et sympathique ville, qui contredit la mauvaise réputation qu'elle pourrait avoir. C'est la seule ville de Colombie à avoir un métro, les "medellinois" en sont très fier, donc il n'y a pas un déchet qui traîne, pas de graffitis ni de vitre ou de siège rayé. L'artiste Botero vient de Medellin donc il y a beaucoup de statues à travers la ville. Les autorités essayent de rendre les espaces publiques les plus conviviaux possible et ça marche dans les parcs toutes les classes sociales et tous les âges sont mélangés (les vendeurs de drogue sont à côté des personnes âgées qui jouent aux échecs, et des enfants qui font du vélo, tout ça à côté du poste de police…). Un élément surprenant, les prostituées se trouvent toujours à proximité d'une église, pour pouvoir se confesser au plus vite parait-il. Nous nous essayons même à sortir pour aller boire un verre. Ici, les voyageurs et les locaux se mélangent, au rythme du reggaeton.

Nous quittons Medellin un dimanche matin, et bien nous en a pris car tous les dimanches de 8 heure du matin jusqu'à midi, l'autoroute qui traverse la ville est fermée au trafic pour les cyclistes, rollers et autres joggeurs. Nous croisons des milliers voir plus, de cyclistes même des dizaines de kilomètres plus loin. A midi nous nous arrêtons à un restaurant au bord de la route et en voulant payer, le patron nous dit que c'est offert et nous donne encore deux bouteilles de boissons énergisante et des pâtes de fruits. Dans cette région montagneuse les gens apprécient vraiment beaucoup les cyclistes, pendant une semaine nous recevons chaque jour un cadeau. Des porte-clés en cuir, des fruits, des pâtisseries, on a même voulu nous donner 10'000 pesos (3 francs ou 5 bières) mais nous nous sommes promis de na pas accepter d'argent. La route pour Cali est relativement plate (après les montées) avec quelques averses qui nous surprennent de temps en temps, mais de magnifiques paysages plein de plantations de café.

A Cali nous sommes accueilli chez la famille, des amis d'un ami à Benoît. Nous sommes toujours autant surpris de l'accueil chaleureux que nous recevons à chaque fois. Nous profitons de leur douche chaude, de la piscine et du bain turc. Ils prennent congé afin de nous faire visiter et faire gouter les spécialités de leur ville. Cali est la capitale de la salsa mais malheureusement les spectacles sont plutôt le week-end et nous y sommes en semaine.

Ensuite les choses sérieuses commencent, nous abordons la cordière des Andes avec ses grandes descentes et loooooonnnnngues montées mais surtout, ces paysages spectaculaires!

Notre frein arrière nous joue quelques tours, et après nous avoir lâché au Guatemala lors d'une descente, voilà qu'il freine trop à la montée. (On ne s'en est rendu compte qu'après quelques heures de vélo… dur dur!) Du coup, on s'est mis ensemble à la mécanique… sans succès. Puis un mécano d'une équipe locale de cyclisme, rencontré dans un restaurant, s'y est mis aussi… toujours pas concluant. Nous avons par contre remarqué que lorsqu'il fait froid, ça remarche, miraculeusement! On ne devrait donc plus avoir trop de soucis… pour le moment.

Après 5 jours de grimpe, à plus de 1'000 m de dénivelés chaque jours (mais on a passé seulement de 1'500m à 2'500m..c'est frustrant!) et des paysages incroyables, nous arrivons à Pasto, où nous nous reposons quelques jours, partageant anecdotes sur le voyages et moment sympa avec nos hôtes. Nous sortons même danser, et buvons le traditionnel Aguardiente (semblable au pastis, mais se buvant avec sel et citron, comme la tequila) et qui ne fait pas mal à la tête le lendemain.

Après ces quelques jours, nous nous arrêtons pour notre dernière halte en Colombie, à las Lajas, un sanctuaire construit sur un pont, au fond d'un canyon. Nous en avions vu des photos quand nous étions dans le nord, et ça nous avait fait rêver. Mais ça nous paraissait tellement loin, et maintenant, nous sommes ici.

La Colombie a vraiment été une expérience extraordinaire surtout la générosité des gens rencontrés et la variété des paysages. Nous ne savons pas encore ce que nous réservent les prochains pays mais nous pouvons l'affirmer, nous reviendrons en Colombie. Nous ne pouvons que vous conseiller de venir découvrir ce magnifique pays.

Vidéo de la Colombie
Photos de la Colombie

On a aimé

  • Les rencontres
  • La nourriture
  • Les descentes

On a moins aimé

  • Les montées

On a été surpris

  • La générosité
  • L'ouverture
  • Etre millionnaire! (en pesos)

Panama

Pour arriver au Panama nous avons traversés un petit pont où seulement un camion à la fois peut passer. Les formalités de douane se déroulent sans problèmes (comme d'habitude, même si nous n'avons pas de billet de sortie, ni de garanties financières). Comme souvent les douaniers sont plus intéressés par notre voyage qu'à nous demander les documents. A peine parti sur les route Panaméennes qu'on nous offre déjà à boire (heureusement car il fait très chaud), que les gens nous demandent où nous allons et nous conseillent une meilleure route, toute nouvelle qui n'était pas sur notre carte.

Nous longeons la côte Caraïbe, puis devons traverser le pays (et les montagnes) pour nous rendre sur la côte pacifique. La route est magnifique, au milieu de la forêt tropicale, mais comme on nous avait prévenu, nous voici dans de véritable montagnes russes. A peine avons-nous finit une montée qu'il y a une descente, puis à nouveau une montée et ainsi de suite. Pour vous donner une idée, en deux jours, d'à peu près 50 kilomètres, nous sommes montés 800 mètres et nous sommes descendus 800 mètres… c'est frustrant! Puis nous attend une journée que de montée (1985 mètres) très dure, mais magnifique, où nous avons la vue sur la mer et les îles, plein d'oiseaux, dont six toucans qui traversent la route juste devant nous sans respecter la priorité de droite (nous en verrons une quinzaine juste cette journée).

Une fois arrivés au sommet, c'est la descente sur la côte Pacifique et sa météo capricieuse: le matin il fait grand beau et chaud, et vers 14 heure nous avons droit à une belle averse tropicale (et comme à chaque fois on a pas réussi à se mettre à l'abri à temps, on se retrouve trempés jusqu'au slip!). C'est un peu frustrant, tous les matins nous séchons nos affaires qui serons trempées le soir. Après trois jours on a compris la leçon et nous allons essayer de partir plus tôt le matin et trouver un endroit où s'arrêter vers 14 h.

Nous avons rejoint la Panamerican Highway: ici au Panama, elle mérite vraiment son nom. C'est une vraie autoroute 2x2 pistes avec un bel accotement et peu de trafic. Comme il y a toujours un coté qui est en travaux, nous avons une moitié d'autoroute rien que pour nous, ce qui est très agréable.
Enfin…ça c'est ce qu'on pensait! Car arrivés à 200 km de Panama City, les routes se rétrécissent, et le trafic augmente. La pluie aussi finalement s'avère autant ponctuelle que les gens d'Amérique Centrale et n'en fait qu'à sa tête, et nous n'arrivons pas à y échapper. Nous arrivons à enfiler nos ponchos à temps mais face à des pluies pareilles, ça ne sert pas à grand-chose. Et une fois trempés, autant continuer. Voici un peu notre quotidien au Panama.

Nous arrivons à un endroit un peu symbolique pour nous, nous traversons le pont du centenaire qui enjambe le Canal de Panama. C'est juste un pont de plus qui traverse un cours d'eau mais pour nous c'est un sentiment étrange. Nous nous remémorons nos premiers jours en Alaska, il y a presque une année: nous n'arrivions pas à imaginer être ici! (Bien que nous l'espérions).

Nous arrivons enfin à Panama City. C'est un peu une ville à l'américaine, des grands immeubles, des immenses malls (supermarchés), des grandes avenues, mais ils roulent comme des latinos! Pas façile à vélo! (D'ailleurs, nous n'en croisons que très peu) Nous profitons d'un jour de repos pour amener notre vélo pour un contrôle général et allons visiter Casco Viejo (la vieille ville). Quel contraste avec la "nouvelle" ville qui est juste à côté. Nous nous retrouvons dans une petite ville coloniale avec des maisons colorées de 2-3 étages, des églises, des parcs; c'est vraiment charmant. Quand nous allons récupérer notre vélo, qu'elle ne fut pas notre surprise: le patron du magasin a décidé de nous offrir la réparation pour nous aider dans notre aventure.

Nous repartons donc vers la côte Caraïbe avec un vélo tout neuf, et nous passons quelques jours à Puerto Lindo pour attendre notre voilier, qui nous amènera en Colombie. Sur le chemin, trempés après une averse (pour changer!), nous longeons des champs, quand tout à coup, sur un barbelé, un paresseux tout trempé qui fait des acrobaties. Quelle belle récompense de s'être fait mouillés. De plus, nous verrons une famille de singes hurleurs quelque mètres plus loin.

Départ pour l'Amérique du Sud, une année pile poil après être parti de Suisse. Afin de fêter ça nous prenons une croisière de 5 jours dans les Caraïbes à travers les îles San Blas afin de rejoindre Carthagène et la Colombie. En fait nous n'avions pas vraiment le choix car pour relier la Colombie depuis le Panama il n'y a que l'avion le bateau ou essayer de braver la forêt vierge. Par soucis écologique (et non économique) nous choisissons le voilier. (bon... et puis aussi parce qu'on ne vit qu'une fois et qu'on voulait se faire plaisir!) Nous pensions bien voir de belles îles, mais à ce point quand même pas. Nous nous retrouvons sur les mêmes images que l'on peut voir sur les catalogues de voyage…en mieux! Nous nous arrêtons sur des îles désertes de sable blanc, de l'eau turquoise. Sur le bateau nous sommes une petite équipe de dix, plus quelques membre d'équipage. L'ambiance est excellente, nous faisons du snorkeling, du paddle, des jeux et partageons nos aventures. Les soirées sont animées entre homard en regardant le coucher de soleil, grillades au coin du feu ou soirée pirates! Une parfaite escapade au paradis! Enfin, malgré tout il faut quand même ternir un peu le tableau idyllique, beaucoup de courants marins arrivent dans cette région et ces belles îles ont quand même énormément de déchets. Pour vous donner un exemple, nous avons rempli un sac poubelle de 110 litres en 15 minutes en nettoyant juste 20 mètres de plage. Quand les bateaux passent ils essayent de prendre quelques sacs poubelles à ramener sur le continent, mais il y a encore beaucoup à faire.

A nous l'Amérique du Sud et ses hauts plateaux!!!

Vidéo du Panama
Photos du Panama

Costa Rica

Nous arrivons au Costa Rica et nous sommes directement plongés dans la forêt tropicale. Tout est vert autour de nous, nous entendons les chants des oiseaux, c'est rafraichissant! Nous passons notre première nuit chez des Suisses-allemands (de St-Gall), qui tiennent un petit hôtel. Nous posons notre tente au milieu des singes, un paresseux sur le palmier à côté de nous et un crocodile juste dans la rivière en contre bas. Waw! Déjà conquis par le Costa Rica!

Le jour d'après nous traversons des champs d'orangers. Nous nous arrêtons dans un tout petit village, nous profitons de la rivière pour faire un brin de toilette et nous rafraichir. Une eau magnifique, bleu turquoise. Ça fait plaisir de revoir des cours d'eau pas totalement à sec. Nous préparons notre souper en pensant passer la nuit dans ce charmant endroit. Trois enfants (13,10 et9 ans) du village viennent nous voir, nous disent que l'endroit n'est pas spécialement dangereux mais que parfois des gens un peu trop alcoolisés viennent roder par ici. (des Nicas…apparemment, ce n'est pas l'entente cordiale entre les deux pays ;-))Nous partageons notre souper avec eux, ils ont l'air de raffoler de nos pâtes trop cuites. Puis ils nous invitent à venir mettre notre tente dans leur jardin. Nous avons passé un étrange mais très agréable moment en leur compagnie. Ils étaient très curieux et nous posaient tout pleins de questions très pertinentes.

Sur les pentes abruptes qui nous mènent vers le Rio Celeste, sur une petite route caillouteuse, la poignée d'appoint du vélo se dévisse sous la force de l'effort, nous perdons l'équilibre et Benoit se tord la cheville en atterrissant. Nous retournons donc au village le plus proche, Bijagua non sans mal. C'est surtout Tessalia qui pédale, Benoit ne peut utiliser qu'une jambe. Nous resterons là-bas 3 jours à poser de la glace sur la cheville et récupérer le mieux possible. Nous ne voulons pas rester bloqué dans ce petit village alors un camion nous prend en stop jusqu'au Rio Celeste, nous visiterons quand même le parc, même si Benoit boitte bien bas. Il aurait été frustrant de passer si près d'un si beau lieu sans s'y arrêter. Le rio est d'un bleu turquoise à couper le souffle, et la légende dit que quand Dieu termina de peindre le ciel en bleu, il lava ses pinceaux dans le Rio Céleste.

Nous reprenons le vélo jusqu'à San Rafael car ce n'est que de la descente. Ce n'est pas forcément l'idéal, la cheville de Benoit le fait souffrir, mais il nous faut avancer. De San Rafael nous pouvons prendre un bus pour San Jose et à 10km de là (Heredia) une connaissance de Benoit nous accueille. A nouveau nous sommes agréablement surpris de l'hospitalité que nous recevons de la part de ces expatriés que nous ne connaissions que vaguement. En plus les trois jours suivant il était en vacances et nous avions la maison pour nous, nous en avons profiter pour bien nettoyer la remorque et le vélo ainsi que raccommoder les chaussettes…

Philippe, un ami de Benoit nous a rejoint pour une semaine de vacances. C'est l'occasion de visiter les lieux que nous avons manqués à cause de la blessure de Benoit. Première visite, le volcan Poas… où nous arrivons 5 minutes après qu'il soit entré en éruption. Du coup, impossible d'aller nous promener dessus! Dommage, mais impressionnant quand même! Nous allons donc marcher sur le volcan Arenal, où nous croisons un toucan! Magnifique! Nous nous baignons dans les rivières naturellement chaudes au milieu de la forêt tropicale. C'est féérique. Nous allons au Monteverde nous balader sur des ponts suspendus. nous ne verrons pas autant d'animaux qu'espéré, mais c'est quand même beau. Nous allons encore quelques jours à la mer à Manuel Antonio, et là nous voyons un paresseux juste un mètre au-dessus de nous le long de la route, juste un peu plus loin deux haras qui se disputent au sommet d'un arbre. Nous verrons d'autres paresseux, singes et autres animaux, mais ça n'a pas la même saveur de les voir au hasard que de les voir dans un parc naturel. Nous passons aussi beaucoup de temps dans l'eau, elle est tellement chaude et le vagues nous bercent. Mais le temps passe vite, et c'est déjà le moment pour Philippe de rentrer, et pour nous de repartir.

C'est donc tout reposés (et presque réparé pour Benoît) que nous repartons, direction la côte atlantique, mais ce n'est pas si facile que nous le pensions. Il fait chaud, et nos muscles ne sont plus habitués à l'effort. De plus, nous sommes sur une route avec beaucoup de trafic (tous les camions qui font le trajet entre le pacifique et l'atlantique). Mais la verdure est magnifique: tout est vert, humide, pleins de cocotiers et bananiers…et après quelques jours de trajet, la mer caraïbe! Quel plaisir! Des plages de sable, une ambiance plus relax (presque jamaïcaine, un peu comme au Belize), et une eau bleu turquoise. C'est parfait pour un dernier jour de farniente, avant d'entrer au Panama.

Ce que nous n'avons pas dit sur le Costa Rica, c'est que la pluie a été de la partie! Eh oui, la saison des pluies a commencé un peu plus tôt que nous l'avions prévu, et nous avons eu une averse quasi chaque jour, mais qui, la plupart du temps, ne dure pas trop longtemps.
C'était aussi pour nous un pays cher (ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle la Suisse de l'Amérique Centrale ) et touristique, et nous nous réjouissons de retrouver un peu plus d'authenticité (peut-être?) au Panama. Mais nous avons adoré ce pays pour la richesse de ses paysages et de sa faune. Cela faisait vraiment plaisir de revoir un peu plus de nature!

On a aimé

Pouvoir boire l'eau du robinet
La nature verdoyante
Revoir des amis

On a moins aimé

Le trafic
Les moustiques
Les prix élevés

On a été surpris

Il n'y a pas d'armée
Voir les bananes Chiquita
Par le volcan Poas

Nicaragua

Nous sommes enfin au Nicaragua! Cela faisait un moment que l'on (Tessalia) l'attendait! C'est le pays où Tessalia est née et a vécu ses 3 premières années. (Eh oui, elle a même la nationalité!). Elle y était retournée il y a 4 ans pour y apprendre l'espagnol (un peu oublié) et y connaître la culture. C'est donc un "retour aux sources" pour elle, et une découverte pour Benoît, d'un pays dont il a tant entendu parler!

A peine passés la frontière (ce qui nous prendra quand même du temps) nous nous arrêtons vers le canyon de Somoto où une sympathique famille nous laisse poser notre tente derrière leur maison. Nous profitons d'un jour de repos pour aller marcher vers les différents miradors qui surplombent le canyon. Ça nous fait du bien d'être seuls dans la nature, le silence et le calme. Nous y voyons beaucoup d'oiseaux, dont le guardabarranco, oiseau bleu-vert, emblème du Nica)

Après deux petites journée pour rejoindre Esteli, et ses champs de tabac (d'ailleurs, on trouve de bons cigares Nica!), nous rejoignons Jinotega. Notre hôte warmshowers nous avait prévenu que la route comportait quelques belles montées, effectivement, mais nous les avons gravis sans trop de problèmes, en nous arrêtant quand même de temps en temps pour souffler. Nous passons donc deux nuits chez Suzanne, qui s'occupe d'une ferme biologique, et profitons pour nous ressourcer. Nous posons notre tente sur un petit replat en altitude avec une superbe vue sur la vallée et les montagnes environnantes. En contrepartie nous avons beaucoup de vent et deux nuits sous la pluie. Ici, le climat est très différent, et nous nous retrouvons dans une forêt tropicale humide, entourés de plans de café.

Une petite journée nous amène jusqu'à Matagalpa où une amie d'une amie de Tessalia nous héberge. Très belle rencontre et c'est chouette de rencontrer des suisses (même hauts-valaisans) pendant notre périple. Nous allons ensuite jusqu'à León, plus grande étape depuis que nous sommes parti (plus de 140km) mais pas trop difficile, plutôt descendante et pas mal de vent dans le dos. (enfin… on était quand même bien extenués en arrivant, n'arrivant plus à bouger!)

La route est magnifique, nous longeons les champs de café, de tabacs, de canne à sucre, … avec des odeurs d'eucalyptus et pleins d'autres inidentifiables, et la vue de la chaîne de volcan en fond.

Nous resterons 3 jours à Léon, profitant pour visiter la ville, Tessalia constatant tous les changements du centre-ville depuis son dernier passage en 2013. La ville s'est beaucoup modernisée américanisée, maintenant il y a des Mc Do, des Pizza Hut, … dommage! Il y fait très chaud, et nous constatons effectivement que León est l'une des régions les plus chaude du Nicaragua. Nous en profitons pour déguster les boissons locales, la bière Victoria et Toña, et Tessalia se délecte à retrouver l'ivresse du Flor de Cana et du Macua (boisson nationale… au rhum bien sûr!)

Après ces jours de repos nous repartons pour une longue journée, direction Jinotepe. La route est relativement plate, mais ça souffle. Nous sommes emportés comme de vulgaires feuilles mortes subissant le vent de l'automne. Nous devons lutter pour ne pas nous faire déporter hors de la route ou alors se faire aspirer par les camions. Nous avançons donc moins vite qu'espéré, et nous sommes donc obligés de demander l'hospitalité à une vieille dame le long de la route. Elle nous laisse gentiment installer notre tente dans son jardin. Nous n'aurons pas un sommeil très réparateur, les camions freinant avec leur horrible frein à compression juste à notre hauteur.

Enfin le lendemain, une petite journée jusqu'à Jinoepe chez un ami des parents de Tessalia. Il a travaillé avec eux il y a plus de 30 ans et a décidé de rester au Nica. Nous sommes vraiment super bien accueillis (à nouveau) dans leur finca. Il nous montre leur production de confitures, d'ailleurs quel bonheur de déjeuner avec du bon pain, de la confiture et surtout…du beurre. Dur de quitter ce paradis!

Nous nous dirigeons ensuite vers Granada, en passant par l'impressionnante Laguna de Apoyo. A Granada nous retrouvons une ancienne élève de la HEIG qui est là pour aider à la construction de puits dans un village avoisinant. C'est chouette de voir des têtes connues de temps en temps. Depuis Granada nous retournons nous prélasser au bord de l'océan. Tessalia en profitera même pour faire du surf.

Nous prenons ensuite un ferry pour aller sur l'ile d'Ometepe, où ne retrouvons Marianne et Thomas les cyclos suisse-allemand avec qui nous avions partagé une fondue à La Paz (Mexique). Nous partageons nos aventures respectives (même si c'est en Suisse-Allemand…). Nous allons nous baigner dans la piscine naturelle Ojo de agua (en nous relaxant avec un petit coco-rhum bien frais!) Nous faisons le tour de l'ile en regardant bien en l'air car il y a souvent des singes dans les arbres. Nous en verrons d'ailleurs une dizaine, nous narguant du haut des branches. Nous passons notre dernière nuit au Nicaragua chez le Bomberos de Rivas, puis place au Costa Rica!

Ce fut vraiment un plaisir de rouler à nouveau dans des paysages plus sauvage, et de revoir des animaux! Cela faisait un moment que le moral était un peu bas (surtout pour Tessalia). Depuis le Guatemala jusqu'au Honduras, difficile d'être au calme. Il y avait du monde partout, du bruit, du trafic. Pas les meilleures conditions pour faire du vélo. De plus, ce n'était plus possible de faire du camping autre qu'à côté d'un restaurant ou chez les pompiers. Ici, on prend toujours des précautions, mais nous avons pu sortir la tente beaucoup plus souvent.

Nous sommes arrivés (quasi) le plus au sud que Tessalia (qui avait déjà voyagé en Amérique Centrale) ait été… Place donc à la découverte!

Vidéo du Nicaragua
Photos du Nicaragua

 

On a aimé

Pas de déchets le long de la route.
Les paysages laissent plus place à la nature, on revoit des animaux.
Etre accueilli par des connaissances.

On a moins aimé

Le vent de face

On a été surpris

La modernisation
Les nicas qui mangent les s!

El Salvador y Honduras

El Salvador

Nous entrons au Salvador par la douane de Ciudad Pedro de Alvarado. Les douaniers ne sont guère surpris, ils voient passer beaucoup de cyclises comme nous. Par contre nous sommes surpris d'apprendre que nous avons 90 jours pour traverser le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua. Cela ne devrait pas nous poser de problème mais nous ne nous y attendions pas. Benoit est déçu, à cause de ça nous n'avons pas de tampon du Salvador sur notre passeport.

Les premiers tours de roues dans ce nouveau pays sont très agréables, la route est relativement plate et surtout le revêtement est plutôt bon. Nous passerons notre première nuis Salvadorienne dans un Auto-Hôtel. Nous en avons croisé beaucoup depuis le Mexique sans jamais avoir osé tester. C'est un hôtel pour venir discrètement en couple, mais détrompez-vous étonnement ce n'est pas forcément des couples adultères, beaucoup de couples légitimes fréquentent ces hôtels. Comme les maisons sont très petites, que les familles sont nombreuse, c'est l'occasion d'avoir un peu d'intimité pour les parents…

Nous poursuivons le long de la côte, ça ressemble passablement à Big Sur…enfin surtout pour les éternelles montées et descentes jusqu'à El Tunco. Petit village très fréquenté par les surfeurs, nous ne rencontrons pas beaucoup de salvadorien. C'est aussi l'occasion pour nous de nous reposer un jour pour profiter de la plage et de l'océan (mais pas de surf pour nous, pour l'instant: ici, les vagues sont très grandes c'est un endroit pour les surfeurs aguerris.)

A Zacatecoluca, nous sommes hébergés chez les très sympathiques Bomberos (pompiers). Nous discutons toute la soirée avec eux. C'était très intéressant, et vraiment un bon moment. Même si leurs histoires de gangs de la région nous font un peu froid dans le dos.

Nous avons envie d'aller voir un peu les montagnes, donc très longue journée, très chaude et ça monte beaucoup. Nous arrivons finalement à Alegria juste le temps de nous poser, se doucher et d'admirer le coucher de soleil sur la plaine. Pour la première fois depuis notre arrivée au Mexique nous pouvons boire de l'eau au robinet quel plaisir! Le lendemain, petite marche (2h) pour changer du vélo pour aller voir la Laguna de Alegria (petite gouille d'eau dans le cratère du volcan). C'était chouette mais moins impressionnant que l'on se l'était imaginé.

L'après-midi nous faisons quand même un peu de vélo jusqu'à San Miguel. Nous demandons aussi au Bomberos si nous pouvons camper sur leur site, et là pour la première fois ils refusent à notre grande surprise. Ma fois tant pis nous trouvons un petit hôtel pas trop cher. Notre dernière journée au Salvador va nous emmener jusqu'à la frontière, à nouveau journée pas trop difficile excepté la chaleur (~40°).

On a aimé

La nature
Les pupusas
Les sourires des gens

On a moins aimé

Les déchets le long de la route

Ca nous a surpris

Devoir payer en US dollars
D'apprécier les douches froides

Honduras

Nous passons à nouveau la frontière sans soucis, nous sommes quand même toujours surpris de toute l'animation qu'il règne dans ce lieu supposé sérieux. Les vendeurs viennent nous alpaguer alors que nous sommes en discutions avec le douanier. Enfin, une fois tout cela passé, nous voici au Honduras, sixième pays de notre périple à vélo.

Les paysages sont magnifiques, c'est étrange, ça contraste avec la fin du Salvador. Beaucoup de montagnes nous entourent, d'un côté la végétation est très sèche (jaune) et de l'autre très humide (vert). Malgré tout ce que l'on avait entendu sur le Honduras nous ne ressentons aucune animosité, les gens rigolent, sourient ou nous saluent à notre passage.

Notre première nuit, nous la passons à San Lorenzo, charmante petite ville au bord de l'océan avec de belles mangroves. A Choluteca chez un warmshowers très accueillant, nous ne verrons pas beaucoup la ville car nous passons tout notre temps avec la famille. Dernière nuit à Sans Marcos, grosse montée pour y arriver mais quelles vues sur les montagnes et la mer. Ça nous a aussi fait beaucoup de bien au moral de rouler à nouveau sur des routes moins fréquentées, entourés de superbes paysages. Par contre il fait chaud: nous buvons environs 5 litres par jour chacun.

Au final le Honduras aura vraiment été une très bonne surprise, pour l'instant un petit coup de cœur d'Amérique centrale.

On a aimé

La Salvavida
Les paysages
Les sourires des gens

On a moins aimé

Les déchets au bord des routes
Les camions de la panamerica
La chaleur

Ca nous a surpris

D'apprécier autant ce pays

Guatemala

Au Guatemala nous avons été surpris de constater qu'il y a du monde partout: des habitations et des gens assis au bord de la route qui attendent un bus qui passera peut-être. Les paysages sont fabuleux sur l'altiplano, où que nous soyons nous sommes presque sûr de voir un volcan (enfin…quand il n'y a pas de nuages…). Contrairement au Mexique nous trouvons que les automobilistes et les camionneurs sont beaucoup plus respectueux avec nous, ils attendent souvent derrière d'avoir la visibilité pour dépasser. Mais ils utilisent plus leurs klaxon (la plupart du temps, juste pour avertir qu'ils sont là, où pour dire bonjour). Par contre les "chicken bus" (magnifiquement décorés ici!) roulent comme des fous, ne passent pas très loin, mais ne nous font pas de trop grosses frayeurs. Mais leur gaz d'échappement nous laisse dans une fumée noire à chaque fois qu'ils nous dépassent. La nourriture de rue: nous avons testé la mixta (sandwich de différentes saucisses coupées avec des sauces pas forcément piquantes) ou de la viande grillée, accompagné de légumes ou salades. Malheureusement la gestion des déchets, comme au Mexique, fait défaut, tout le monde jette ses poubelles le long de la route.

Après deux semaines de "vacances", c'est reparti! Ça fait du bien de nous retrouver les deux sur notre tandem. Une bonne journée de 90km avec passablement de montées pour bien recommencer. (Bon…ça c'est sur papier, parce qu'en vrai, c'était plus dur que ce que l'on pensait de repartir, autant pour le moral que pour les muscles!) Nous avions envie d'aller aux "Lagos de Montebello", mais une deuxième journée montagneuse et un fort vent de face nous font changer nos plans. Nous partons directement vers la frontière guatémaltèque car nous ne pouvons rester que maximum 7 jours au Mexique, si nous ne voulons pas payer à nouveau les taxes de visa.

La traversée de la frontière n'est qu'une simple formalité. Le plus dur reste toujours de savoir où se trouve le bureau de douane pour avoir le tampon de sortie (ou d'entrée) dans le pays. A La Mesilla c'est un souk pas possible: une rue principale étroite où se trouvent tous les magasins, les tuk-tuk, les minibus, les bus et les gros camions. Tout passe, mais on ne sait pas comment.

Nos premiers coups de pédales au Guatemala sont beaucoup de montée, mais dans un très beau cadre, au fond d'une vallée escarpée. Le camping sauvage nous a été fortement déconseillé, alors nous écoutons les gens et passerons une nuit sur la terrasse d'un restaurant à Colotenango. Nous faisons halte à Huehuetenango pour visiter la ville et gouter aux spécialités culinaires. Le jour d'après nous allons jusqu'à Momostenango. (ha oui, le tenango à la fin des noms de ville veut simplement dire "lieu de"). Benoit ne se sent pas très bien, par chance un pick-up nous poussera un petit bout (33km), nous faisons le dernier bout à vélo sous la pluie et le froid (ça faisait longtemps). A Momostenango nous allons visiter "Los Riscos", finalement pas autant intéressant que ce que l'on s'imaginait, mais le détour en valait la peine. La route nous a emmené dans la campagne Guatemaltèque, et nous croisons des gens vraiment chaleureux, malgré la précarité de leurs habitations, et des paysages de campagne magnifique! (Ici, chaque bout de terre est cultivé: choux, oignons, maïs, …) ensuite, malgré un mal de ventre toujours présent de Benoit nous pédalons jusqu'à Salcaja.

Nous passerons quelques jours à Quetzaltenango (ou Xela) afin de se soigner et se reposer. D'ailleurs nous allons nous baigner dans l'eau naturellement chaude de "Fuente Georginas" (d'habitude bouillante, et juste tiède lorsque nous y étions…un peu frustrant) Quand nous quittons Xela pour Solola, où nous fêtons nos neufs mois de voyage. Neufs mois que nous avons quitté la suisse, avec des hauts et des bas, mais énormément de découvertes incroyable.

Nous passons notre plus haut col avec tout notre équipement (plus de 3'000 mètres), mais nos freins nous lâchent, les deux dans la même journée (juste quand il commençait à y avoir de belles descentes). Un mécanicien sympa essaye de nous réparer les freins, mais sans succès. Alors il nous amène à Panajachel, où il y a un magasin de vélo. Nous avons le choix entre attendre deux semaines les pièces de rechange ou acheter de nouveaux freins. Ma fois, nous optons pour la deuxième solution et le lendemain le vélo est réparé. (Ils sont vraiment rapides ces guatemaltèques!) Pendant ce temps, nous en avons profité pour aller faire un tour sur le lac Atitlan et les villages avoisinant, San Pedro et San Marco.

Reprise du vélo, nous longeons la belle cote du lac Atitlan. Mais une fois passé San Antonio ça commence à bien grimper. Nous avançons très lentement, mais au bout d'un moment la pente est tellement raide que nous sommes obligés de mettre pieds à terre et de pousser. Même pousser est dur, nous glissons sur ce chemin de terre. Heureusement, quelqu'un qui passait par là nous aide à pousser, nous n'y serions jamais arrivés tout seuls. Nous rejoignons enfin la route et là, ho bonheur, ce n'est que de la descente jusqu'à Patulul. Nous passerons la nuit chez les Bomberos: presque comme à l'hôtel, nous avons une chambre privée avec salle de bain et télévision! La route qui nous mène à Escuintla est agréablement plate voir même descendante. Les gens que l'on croise nous déconseillent de trop nous aventurer dans cette ville. Nous repasserons une nuit chez les Bomberos qui eux aussi nous déconseillent de trop nous éloigner de la caserne et surtout de ne pas avoir d'objets de valeur sur nous. Sympa comme ville!!! Durant la nuit, un "petit" orage nous tombe dessus (enfin…une plaque du plafond nous tombe dessus, avec des trombes d'eau…nous forçant à déplacer la tente à l'étage. Eux ne semblent pas plus inquiétés que ça).

Le lendemain, ça descend, presque pas besoin de pédaler pour arriver à la mer. Nous arrivons à Monterrico, petit village un peu, mais pas trop, touristique au bord du Pacifique.

Nous profitons de quatre jours pour jouir de la piscine, d'aller faire les fous dans les vagues, nous prélasser sur les chaises longues en regardant l'horizon et en buvant des michelada. C'est aussi ici que nous fêtons les 30 ans de Tessalia (ça y est c'est enfin une grande fille). Pour l'occasion Benoit l'emmène à Hawaii (petit village à 8km). C'est dur de repartir après avoir passé du bon temps mais l'envie de découverte nous pousse à y aller sans regrets. Nous rejoignons la dernière ville juste avant la frontière Une dernière nuit au Guatemala et ensuite, place au San Salvador. Benoit est tout excité!

Vidéo du Guatemala

Photos du Guatemala

Vacaciones con los Wyss

Les parents de Tessalia nous ont rejoint à San Cristobal et nous profitons d'une journée pour visiter la ville avec eux. Très tôt le lendemain matin nous prenons un petit bus qui nous emmène voir les belles cascades d'Agua Azul, l'impressionnante chute de Misol-ha puis le site Maya de Palenque. A peine trois jours sur les routes Guatémaltèque et Mexicaines qu'ils peuvent se rendre compte de notre "vie sur la route". Beaucoup de dos d'ânes, des routes pas super bien entretenues et la rapidité du trafic. Depuis Palenque nous allons encore voir des site Maya. Après 4 heures bus, nous prenons une petite barque qui longe le Rio Usumacinta (frontière entre le Mexique et le Guatemala) pour arriver sur le très beau site de Yaxchilan, il est moins impressionnant que Palenque mais il a quelque chose de magique, peut-être le fait qu'il soit isolé au milieu de la forêt vierge. Nous nous baladons entre les arbres et les ruines avec des singes-araignées au-dessus de nous qui nous surveillent. Dans la même journée nous allons aussi visiter le site de Bonampak. Nous passons la nuit dans la jungle dans une petite cabane de toiture en palme avec le bruit des animaux qui nous entourent.

Cette fois, nous traversons le Rio Usumacinta pour aller au Guatemala. Après l'arrivée sur les terres guatémaltèques, nous faisons encore 1 heure de route sur un chemin de terre qui secoue beaucoup avant d'arriver à une petite maison au milieu de nulle part: c'est la frontière. Nous payons 40 Quetzal chacun et nous sommes officiellement au Guatemala. Nous arrivons en fin d'après-midi à Flores, jolie petite ville-île au milieu du Lago Petén Itzá accessible par un pont.

Encore un réveil très matinal (3h00) pour aller voir le lever de soleil sur le sommet de la plus haute pyramide du site de Tikal. Nous n'aurons pas beaucoup de chance, car après 1 heure d'attente, nous n'aurons vu que le brouillard, le soleil s'étant levé bien trop tard. L'avantage d'être venu très tôt sur le site, il n'y pas trop de monde, et nous pouvons nous y promener tranquillement. Nous pensions nous reposer pendant ces vacances, mais grimper toutes ces pyramides nous chauffe bien les cuisses. Nous ne savons pas quelle taille faisaient les mayas mais en tout cas leurs marches d'escaliers sont très hautes et très irrégulières.

Nous nous octroyons quand même une journée de repos (bien méritée, après 4 jours de visites intensives!), pour profiter de la terrasse de notre hôtel et d'aller un peu se baigner au lac.

Nous quittons le Guatemala pour aller au Belize. Une grosse journée de voyage, 8 heures de bus et 1 heure de bateau pour arriver sur la splendide île de Caye Caulker. Une eau cristalline, beau et chaud, des pélicans qui nous entourent, nous nous sentons vraiment en vacances cette fois. Ici, plus de tortillas, mais des langoustines, crevettes, poissons, le tout avec une sauce curry ou du pain à l'ail, on se régale! La culture est vraiment différente, plus relax, on se croirait presque en Jamaïque! Et on y parle anglais! Un changement total!
En sortant de notre hôtel nous regardons à gauche il y a une plage à 100 mètres (avec levé de soleil), nous regardons à droite il y a une plage à 100 mètres (avec couché de soleil). Nous passerons une bonne partie de la journée entre se dorer au soleil et se baigner dans l'eau. Le soir nous faisons une petite croisière en voilier autour de l'île pour assister au coucher de soleil. Punch au rhum, ceviche, et ciel étoilé, la soirée est magique. Le lendemain nous reprenons un bateau, mais pour aller faire du snorkling cette fois: des tortues, des raies, des (gentils) requins et pleins d'autres petits poissons: c'est un monde aquatique incroyable que nous avons devant nous! Nous quittons Caye Caulker presque à contre cœur mais quand même galvanisés par les prochaines découvertes.

Nous traversons le Belize du Nord au Sud jusqu'à Punta Gorda. Là nous traversons la frontière sur un petit bateau avec un gros moteur. On pourrait croire que nous traversons clandestinement nous sommes juste les 4 sur le bateau avec deux membres d'équipage et quelques cartons à destination de Livingston, petit port de la côte caraïbe du Guatemala.

De Livington à Fronteras nous remontons le Rio Dulce, au milieu des mangroves et des nénuphars. A Fronteras, nous pensons nous reposer un peu, mais nous entendons qu'il y a une cascade d'eau chaude pas très loin, et l'envie est trop forte d'aller la voir. Bien nous en a pris, nous nous retrouvons dans un bel endroit, dans la jungle. Une rivière d'eau froide vient d'un côté et de l'autre une cascade d'eau chaude vient la rejoindre. C'est agréable nous pouvons choisir ou nous mettre afin d'avoir la température qui nous convient le mieux, et nous y passons tout l'après-midi.

Nous reprenons encore une fois le bus pour relier Lanquin. Nous allons marcher dans le parc de Semuc Champey et se baigner dans les cascades du Rio Cahabon. Malheureusement il ne fait pas très beau donc nous n'y passerons pas beaucoup de temps. Mais l'eau est magnifique, et nous pouvons observer une fois encore des singes dans les arbres. Nous restons là à les regarder se balancer entre les branches, c'est magique.
Nous prenons le dernier bus de ces vacances (avec les parents de Tess) jusqu'à Antigua, magnifique ville coloniale. D'Antigua nous allons marcher sur le volcan Pacaya, volcan encore en activité (mais assez calme) nous grillerons quelques marshmallows à la chaleur de la lave et nous avons parfois la chance de voir quelques jets de lave sur son sommet.

Encore un jour pour visiter tranquillement Antigua, goûter à son bon chocolat, et visiter les marchés d'artisanats et ses milles couleurs, avant que les parents de Tessalia ne partent. Un au-revoir pas facile, après tous les moments partagés…

Nous avons traversé la forêt vierge, bronzé dans les caraïbes, navigué sur un rio, nagé dans des piscines naturelles, escaladé un volcan, et visité des villes coloniales. 3 semaines où l'on s'en est mis plein les yeux au niveau culturel, mais aussi des odeurs, de la vue, et du goût! C'est dur d'en faire une synthèse en quelques lignes…

C'était vraiment très agréable de pouvoir faire des vacances et de changer d'environnement et de voir autant de choses en si peu de temps. Mais nous nous réjouissons quand même de retourner à San Cristobal et reprendre notre périple à vélo. 😉

Vidéo des vacances avec les Wyss
Photos du Mexique
Photos du Guatemala
Photos du Belize