Pérou Sud

Nous quittons Huaraz pour rejoindre Cusco, en bus, le temps nous étant un peu compté (pis bon, on est aussi un peu flémard, y'a beaucoup de montées!). Malheureusement, nos voyages en bus sont presque plus mouvementés qu'à vélo. Vers 5 heure du matin nous sommes réveillés par le bus qui se balance de gauche à droite, puis s'immobilise, mais bien penché. Il fait nuit, nous ne voyons rien, et aucune instruction du chauffeur… nous finissons par faire comme tout le monde et sortons du bus voir ce qu'il se passe! Le bus est coincé dans la rigole sur le côté gauche de la route, et est penché à quelques cm de la falaise. Heureusement, car à droite, c'était le ravin. Nous sommes tous sur le bord de la route, au froid, à attendre ce qu'il va se passer. Au bout d'une heure, une dépanneuse arrive et sort le bus sans trop de soucis et nous pouvons repartir. A aucun moment il y a eu une information ni excuse de la part du chauffeur ou membre de l'équipage. Nous pouvons finalement reprendre notre route vers Cusco où nous arriverons après 26 heures, au lieu des 18 prévues.

Nous passerons juste deux jours à Cusco afin de visiter la ville (très belle) et de se plonger parmi tous les touristes (trop de touristes!). Nous reprenons enfin le vélo pour rejoindre Ollantaytambo, petite ville bien sympathique et agréable, car pour la plupart piétonne, d'où nous partons pour Machu Picchu pueblo. Après 5 h de bus, puis 2 heures de marche le long de la voie ferrée, nous atteignons Machu Picchu pueblo (ou Aguas Calientes), village accessible seulement en train ou à pied, posé là pour les touristes qui vont au Machu Picchu. Tout y est 2, 3 voire 5 fois plus cher qu'ailleurs. Pour aller voir le Machu Picchu nous nous réveillons à 4 heure pour être à 4 heure et demi à attendre le bus. La file d'attente est déjà énorme et remonte toute la rue du village. Ne nous demandez pas comment nous avons fait mais nous nous sommes retrouvés dans le troisième bus qui montait au site. Là nous étions dans les premiers à entrer, ce qui est vraiment bien plus beau sans tout ce monde (5000 personnes par jour). Nous passons une bonne partie de la journée dans le site, entre la montaña et les ruines. C'est très touristique, mais impossible de passer à côté sans le visiter. Nous sommes bien content de l'avoir vu et de le quitter, en train cette fois, direction Ollantaytambo.

Nous retrouvons notre vélo et remontons le Rio Urubamba le long de la vallée sacrée. Nous nous arrêtons à Checacupe pour aller voir la montagne des sept couleurs. Nous nous levons de nouveau à 4 heure du matin et attendons un bus qui pourrait nous y emmener. Après plus d'une heure et demi d'attente au froid, un pick-up passe enfin et nous y amène. Nous sommes à nouveau dans les premiers à entrer dans le site. Une marche d'une heure à travers une belle vallée pleine de couleurs, vertes, rouges, grises, blanches, … nous emmène à 5030 mètres, sur un mirador afin d'admirer la fameuse montagne. Le temps change très rapidement, parfois nous la voyons parfaitement et juste après il n'y a que du brouillard, puis de la neige. Nous sommes contents d'être dans les premiers car quand nous repartons il y a une colonne de touriste qui monte. Petite anecdote: nous arrivons à notre hôtel vers 4 heure de l'après-midi, tout est fermé. Nous cherchons les propriétaires sans résultat, nous demandons aux voisins qui nous rassurent en nous disant qu'ils ne vont pas tarder à rentrer. Après 2 heures d'attente nous cherchons un peu plus et trouvons quelqu'un qui a le numéro de téléphone de la fille des propriétaires. Il l'appelle et nous dit qu'ils vont rentrer dans une demi-heure. Deux heures plus tard, ils arrivent enfin pour nous ouvrir la porte, avec à peine un mot d'excuse. A 20 heure nous pouvons enfin nous reposer de cette belle et fatigante journée.

Nous continuons le long de la vallée sacrée jusqu'à atteindre notre plus haut col à vélo: Abra la Raya, à 4338 mètres, le col en soit n'est pas dur, mais dès les 4000 mètres nous ressentons qu'il est plus difficile de respirer.

Là nous rencontrons Alem, un argentin partit de Lima et qui retourne chez lui. Nous descendons vers le lac Titicaca avec lui. A Juliaca nous nous arrêtons dans la casa de ciclista de Giovanni, c'est génial de rencontrer d'autres cyclistes et de partager nos expériences. Il y a là un chilien, un catalan, une équatorienne, un brésilien, deux français, Alem et nous.

A Puno, au bord du lac Titicaca nous retrouvons Dani (le catalan) et Patricia (l'équatorienne) nous allons visiter les îles flottantes des Uros sur le lac. Intéressant de voir la façon dont ils construisaient ces îles, et comment ils vivent là-bas. Nous fêtons aussi l'anniversaire de Benoit en faisant du pédalo (en forme de cygne) sur le lac Titicaca, ça change du vélo. La route qui nous mène en Bolivie longe le lac donc est assez plate mais nous avons un petit vent de face qui mine de rien nous embête beaucoup.

Cette deuxième partie du Pérou nous a laissé pleins de beaux souvenirs, et clôt majestueusement notre aventure au Pérou! Nous entrons déjà en Bolivie, 4ème pays de notre aventure en Amérique du Sud (déjà!).

Vidéo du Sud du Pérou
Photos du Pérou

Pérou Nord

Le passage de la douane péruvienne se passe sans encombre, le douanier nous octroyant 100 jours. Nos premiers coups de pédales au Pérou sont un vrai plaisir, la route étant asphaltée! Il y a de grandes montées, mais les pentes sont nettement plus "suave" (douces) qu'en Equateur. Nous savons que nous sommes au Pérou, il y a des mototaxis partout ici. Benoît est content, après trois jours, nous nous sommes déjà fait invités deux fois à partager une bière avec des péruviens. Ici, il y a un rituel pour boire la bière: ils ont une grande (voir plusieurs) bouteille et un seul petit verre qu'ils boivent, puis transmettent à la personne à leur gauche.

Sur la route qui nous emmène de San Ignacio à Jaen nous sommes très surpris de nous retrouver entourés de rizières, on se croirait presque en Asie. Il fait chaud en plus, quel plaisir! A Jaen nous profitons d'un hôte warmshowers qui a un magasin de vélo pour bien réparer le vélo (encore!). Nous changeons complètement la roue arrière car elle commence à se fissurer autour des rayons. Il nous mettra aussi de nouveaux rayons, mais apparemment, ils n'avaient pas de rayons de très bonne qualité, mais nous ne le constaterons seulement par après. Nous changeons aussi les plateaux et passons d'un 26/36/48 à un 22/32/42 qui devraient nous aider à passer les Andes un peu plus facilement. Nous quittons Jaen par l'Ouest, dans les montagnes, alors qu'initialement nous pensions rejoindre la côte. Suite à diverses discutions qui nous mettaient en garde contre l'insécurité et la dangerosité de la Panamerica Norte. Nous ne le regrettons pas. (enfin...la plupart du temps)

Suite au conseil du Warmshower, nous passons par un "raccourcis" qui nous fait prendre une petite barque au-dessus d'un rio, puis pousser (à 3!) le vélo dans 30 cm d'eau… toute une aventure! Nous passons une première nuit de camping au Perou au bord de la lagune de Burlan, quel bonheur de profiter du lever de soleil sur l'étang et de la vue sur les montagnes. Le jour suivant nous longeons et remontons le rio Utcubamba dans un canyon. C'est entouré de roches et de montagnes abruptes que nous arrivons à Pedro Ruiz.

Nous nous accordons une journée sans vélo pour aller voir la Catarata de Gocta qui était pendant longtemps la troisième plus haute cascade du monde avec ses 771 mètres de haut, jusqu'à ce qu'ils découvrent, il y a quelques années, qu'il y en avait une encore plus haute un peu loin. Quatre heures de marche dans la forêt amazonienne pour admirer cette énorme chute d'eau. Au retour nous avons eu droit à un déluge sur nos têtes. C'est complètement trempé (et congelés) que nous rentrons de notre petite expédition. Le soir nous retrouvons Nyle, Andrea (le couple canado-allemand rencontrés à Tumbaco) et Julien (un cyclo voyageur de Lille) afin de souper tous ensemble. Le lendemain nous partageons la route avec Julien jusqu'à Nuevo Tingo, c'est très agréable de pédaler à nouveau avec quelqu'un d'autre (ça faisait longtemps). Nous visitons les ruines de Kuelap (où nous prenons une télécabine pour y arriver), site Inca où nous pouvons découvrir leur façon de vivre. Mais à vrai dire nous profitons surtout du splendide panorama que nous offre ce belvédère. Le soir nous mangeons à nouveau tous ensemble Nyle et Andrea nous ayant rejoint.

C'est toujours en compagnie de Julien que nous continuons à remonter le canyon et commençons à attaquer des pentes un peu plus raides. C'est dans la montée en direction de col Calla Calla que le moyeu de notre roue arrière se bloque, nous pouvons encore avancer mais nous ne pouvons plus nous arrêter de pédaler, pas idéal à la descente. Alors que nous regardons ce que nous pouvons faire, une famille qui habite juste au bord de la route nous demande si nous voulons passer la nuit chez eux. Il se fait tard, et nous acceptons avec plaisir. Nous posons nos tentes au rez-de-chaussée de leur maison. Alors que nous nous apprêtons à nous faire à manger, ils nous demandent ce que nous faisons. Hors de questions que nous nous fassions à manger, ils nous invitent à partager la soupe et le café avec du pain. Quel moment intense vécu à ce moment, à 9 dans une toute petite cuisine sans eau courante juste deux plaques à gaz, un feu pour chauffer les aliments. Les chiens, chats et poules qui viennent tenter de trouver un peu de nourriture qui trainerait. Ils nous posent tout plein de questions parfois très surprenantes et parfois très banales. Nous ne savons pas qui sont les plus intrigués, eux qui ne savent même pas où est la Suisse et vaguement l'Europe ou nous de se retrouver dans ce lieu improbable. Le lendemain, ils nous invitent à nouveau à partager la soupe avec eux (oui les repas à la campagne ne sont pas très variés). Un très beau moment de partage avec cette famille!

C'est à contrecœur que nous décidons de faire du stop pour relier au plus vite Cajamarca et réparer (encore) le vélo. Il n'y pas beaucoup de voitures qui passent par-là, au bout d'une heure d'attente infructueuse nous décidons d'attaquer le reste de la montée à vélo et c'est à ce moment qu'une grosse jeep passe, c'est un jeune couple américano-péruvien qui va justement à Cajamarca. Quelle chance nous sommes bien confortablement assis à l'arrière pour contempler les 15km de montée qu'il nous restait puis les 60km de descente avec des paysages à couper le souffle puis encore 50km de montée puis encore 100km jusqu'à Cajamarca. C'est un peu frustrant de rater ces beaux paysages, et Tessalia propose même de revenir le faire à vélo. Mais finalement nous sommes aussi contents d'avoir passé tous ces obstacles bien facilement. Nous trouvons (par chance) un atelier de réparation de vélo (nous n'avons pas trouvé de magasin de vélo à proprement dit) mais ils ont pu réparer notre roue, c'est tout ce qui compte. Nous profitons aussi de visiter la ville qui n'est pas spécialement jolie mais très agréable (il y a surtout de bonnes boulangeries!). Nous allons aussi prendre un bon bain chaud à Baños del Inca. C'était assez surprenant, en fait c'est de petites pièces privatives avec une baignoire et elle est à notre disposition pour 40 minutes. L'eau est bouillante, ça fait du bien de se faire du bien. Le soir nous retrouvons aussi Julien pour un dernier souper ensemble, lui partira faire du surf sur la côte et nous continuons dans les montagnes.

Les montagnes offrent des paysages somptueux, mais vers les 3000 mètres il n'y fait pas toujours très chaud. Nous quittons les routes goudronnées pour emprunter des routes de terre, en général en bon état, quoi que... Après un col à plus de 3500 mètres c'est gentiment la fin de la journée, il ne fait pas chaud et en plus il commence à pleuvoir. Nous apercevons un couvert au bord de la route, demandons à la paysanne si nous pouvons y mettre notre tente afin de passer la nuit un peu à l'abri de la pluie et du vent. Elle accepte très volontiers, un peu plus tard ses enfants viennent nous chercher pour partager la soupe avec eux. Nous nous retrouvons dans une toute petite cuisine sans électricité, elle cuisine uniquement au feu de bois, la pièce est enfumée. Ici, il y a aussi chiens, chats et poules mais en plus les cochons d'inde qui se faufilent entre les meubles et récupèrent les maïs qui trainent par terre. Nous partageons le repas avec tous ces gens, il n'y a pas beaucoup de paroles mais l'instant est très fort (en tout cas pour nous). Nous sommes désolés, nous n'avons pas pris de photos des gens où des endroits chez les habitants, il ne nous semblait pas approprié de sortir nos téléphones ou appareil photo dans ces moment-là. Au moment de partir un des adolescents nous demande quand même notre Facebook. Ils ont juste un petit panneau solaire, mais ils ont quand même presque tous un smartphone et sont connectés.

Nous avions prévu une journée tranquille afin d'arriver assez tôt à Cachicadan où il y a aussi de l'eau thermale. Malgré la route principale fermée et le fait que nous devons emprunter une route en moins bon état et beaucoup plus vallonnée que la principale finalement nous n'arrivons pas trop tard (mais trempés et gelés) à destination. Nous trouvons un petit hôtel avec baignoire thermale dans la chambre. Ne vous faites pas trop d'illusion nous n'avons pas soudainement la grande vie. Il s'agit d'une toute petite chambre avec juste la place pour le lit, la baignoire (un bac carrelé) et les toilettes, mais c'est chouette. Le matin nous allons un voir un artisan qui manie la fibre de verre pour réparer le pied de la remorque, qui a beaucoup souffert après la chute, l'accident, les gens qui s'assoient sur le vélo ou les enfants qui se couchent sur la remorque. Il recolle le pied et répare même d'autre fissures, impossible de l'arrêter. Au moment de partir nous lui demandons combien nous lui devons mais il ne veut rien, impossible de lui donner quoi que ce soit, il veut juste que nous puissions continuer notre aventure.

Nous serpentons le long de routes en terre entourés de paysages magnifiques. C'est très agréable de rouler dans ce coin de pays. Arrivé à Mollepata nous retrouvons enfin une route goudronnée (après 4 jours). Si elle est goudronnée c'est parce que c'est raide. Nous descendons 1500 mètres et remontons 1500 mètres juste après. Nous nous arrêtons presque à chaque virage pour prendre des photos tellement les paysages sont beaux. Nous descendons ensuite dans un canyon. Les paysages son arides, faits de pierre et de cactus. Ça change vraiment de ce qu'on avait eu avant, mais c'est magnifique. Arrivés peu avant le Canyon del Pato, nous cherchons un endroit où mettre notre tente pour passer la nuit. Nous avons 6 rayons de cassés, donc nous poussons notre vélo, mais à peine avons-nous commencé à pousser qu'un pick-up s'arrête et nous propose de nous emmener jusqu'à Caraz. C'est finalement cheveux au vent et debout derrière un pick-up que nous verrons le Canyon del Pato. Enfin juste le début car à la fin nous le traverserons de nuit.

Caraz se situe entre la cordillère blanche et la cordillère noire. Nous laissons donc le vélo quelques jours pour aller marcher. Nous louons un sac à dos et partons 4 jours faire la Quebrada Santa Cruz, une randonnée qui nous emmènera au milieu de la cordillère blanche, dans le parc du Huascaran. Quel changement de se retrouver encerclés de montagnes enneigées. Le deuxième jour, nous passons le col de Punta Union, à 4750 mètres. Les derniers pas se font plus durs, l'altitude se faisant sentir et nos sacs sont lourds avec tout le matériel et la nourriture. Mais le paysage que nous avons depuis là-haut est à couper le souffle et vaut vraiment la peine! Pour une fois c'est presque agréable de se lever la nuit pour aller faire pipi, le ciel est sans nuages, les glaciers réfléchissent avec la lune même pas pleine et nous pouvons admirer la voie lactée. La reprise du vélo est assez dure, les muscles se font sentir après toute cette marche. La route pour Huaraz offre de très beaux paysages sur la cordillère blanche malheureusement il n'y a pas d'accotement et le trafic est dense. En ville, même petite ce n'est vraiment pas agréable de rouler, les chauffeurs ne font pas vraiment attention à nous et klaxonnent tout le temps. Nous passons deux jours à Huaraz puis embarquons dans un bus pour Cusco. Nous nous rendons compte que si nous voulons arriver pour fin février à Ushuaia il faut que nous nous dépêchions un peu. Enfin, nous avons pris le choix de prendre le bus de temps en temps (là où l'on nous a dit que c'était moins beau ou vallonné) et de choisir les endroits qui nous semblent plus intéressants et prendre le temps de profiter.

Vidéo du Nord du Pérou
Photos du Nord du Pérou

Equateur

Passage de la frontière sans encombre, avec juste un peu d'attente des deux côtés, mais ça passe relativement vite car nous sommes toujours submergés de questions par les autres voyageurs.

Bienvenidos en Ecuador et ses côtes escarpées: à peine entré en Equateur que nous faisons leurs connaissances! Mais les paysages rendent le voyage agréable, la pause photo étant toujours une excuse agréable pour se reposer. Nous passons notre première nuit chez les pompiers de San Gabriel. Même pas besoin de leur demander l'hospitalité: à peine ils nous voient, ils nous souhaitent la bienvenue et nous montrent où nous pouvons dormir. Nous passons la nuit avec un colombien venu de Bogota. Pour la suite nous vous épargnons les montées jusqu'à Ibarra, où nous sommes accueillis chez la maman d'un ami de notre hôte à Pasto (en Colombie). Nous sommes si bien que nous y restons deux jours, Benoît étant aussi très fatigué (pour une fois que c'est lui).

Nous évitons enfin la Panamerica et en récompense de nos efforts le Cayambe se dévoile (un peu) à nous. C'est bizarre de voir une montagne enneigée ici quasi sur la ligne de l'équateur. Il y a beaucoup de vent et l'air est très frais. Nous passons la "mitad del mundo", ligne de l'équateur, où nous nous arrêtons un bon moment afin de prendre tout plein de photos. Benoît est tout content d'avoir pu enregistrer sa position avec la coordonnée Nord 00°00.0000' (un truc de géomètre). Etonnamment ce passage symbolique nous fait moins d'effet que le Canal de Panama, mais c'est drôle quand même.

Proche de Quito nous passons quelques jours à la casa de ciclista de Santiago, c'est un chouette endroit où nous nous retrouvons avec pleins d'autres cyclistes (des colombiens, des basques, un canadien, une allemande, un brésilien et une polonaise). Nous en profitons pour réviser et nettoyer le vélo, aller visiter Quito (en bus). Nous repoussons notre départ d'un jour car on nous propose un dîner sushi le lendemain. (Enfin, c'était pour 13h, puis toutes les 5 minutes ils nous disaient c'est prêt dans 5 minutes, finalement nous avons "dîné" à 17h!) Le soir nous avons été invité chez un chilien à boire un alcool de cane (très fort) et manger du bon guacamole autour du feu. C'est des moments comme ça entre autre qui nous font aimer ce voyage!

Nous arrivons enfin à partir de la casa de ciclista et nous nous dirigeons vers le volcan Cotopaxi, première nuit à mi-chemin, nous demandons à un paysan si nous pouvons mettre notre tente dans son champ. Il accepte et nous propose même un très bel endroit sur un rocher avec vue sur une cascade. La "vraie" montée vers le Cotopaxi, le lendemain, est extrêmement dure pour nous. C'est une route de cailloux très raide, pas facile de garder l'équilibre, et nous devons souvent pousser. De plus, le vent s'est levé, et il commence à faire froid (7° au soleil, glacial dès que celui-ci s'est couché) Mais à chaque fois, la vue sur le volcan nous aide à surmonter ces difficultés. Nous passons la nuit au pied du volcan à 3'800 mètres, avec vue sur la lagune, tout seuls au milieu d'un immense champ. C'est vraiment pour des endroits comme celui-là que nous aimons notre voyage. Au petit matin la brume nous encercle, nous allons marcher un peu au bord de la lagune en espérant que les nuages se dissiperons. A midi, notre vœu a été exaucé, le Cotopaxi se dévoile à nouveau à nous, quel spectacle!

Les jours suivant ne sont que de la descente (enfin presque) jusqu'à Baños, petite ville touristique entre des falaises, avec vue sur rivière et volcan. Pour nous reposer du vélo nous faisons 6 heures de marche pour aller faire de la balançoire dans le vide à la casa de arbol, pas très reposant en fait (surtout le lendemain, où les muscles se font sentir à chaque coup de pédale). Nous descendons ensuite vers la selva (la partie de forêt amazonienne de l'Equateur), où nous retrouvons un peu les paysages de forêt tropicale humide que nous avions au Costa Rica et Panama. L'humidité et la pluie sont aussi au rendez-vous. Nous nous arrêterons un jour à Macas pour essayer de faire sécher nos affaires, en vain. A Limon nous décidons de prendre un bus pour Cuenca, car nous avons entendu que la ville vaut la peine d'être visitée et comme notre frein arrière nous a à nouveau lâché, c'est une bonne raison de quitter les pluies de l'Amazonie.

Notre voyage en bus ne fut pas de tout repos. Il était censé durer environ 3 heures mais après 2 heures de virages, de montées de descentes et de route pas goudronnée nous nous arrêtons. Nous allons tous, un peu surpris, voir ce qu'il se passe. La route est fermée en raison d'un éboulement. Nous voyons la roche s'effriter et les cailloux tomber, c'est impressionnant. Notre chauffeur décide d'attendre que ça se calme pour espérer passer. Après 5 heures d'attente, il se décide à faire demi-tour. Deux heures pour retourner à Limon et 5 heures de trajet par l'autre route. Après 14h de "trajet", nous arrivons enfin à 23h30 à Cuenca. Ce fut une longue journée, mais c'est toujours mieux que de finir au fond d'un ravin ou assommé par une pierre. (et c'était une expérience impressionnante!)

Nous avons donc pu enfin visiter Cuenca qui effectivement est une très belle ville, et acheter le matériel afin d'essayer de réparer notre frein.

C'est avec deux freins qui marchent (plus ou moins) que nous repartons vers le sud. Le frein se comporte quand même toujours bizarrement: lorsque nous sommes en altitude (vers les 3000m) il fonctionne normalement et quand nous sommes plus bas (vers les 1500m) il ne fonctionne plus. Nous ferons quand même quatre jours comme ça. Nous voulions quitter l'Amazonie et sa pluie nous nous retrouvons dans les montagnes et… sous la pluie, en plus de ça il fait froid. (Vraiment froid! On a même ressorti les gros gants et la cagoule) C'est bien dommage, car les paysages semblent vraiment beau! Nous passons une nuit dans la salle communale d'un tout petit village (quatre murs un toit et la porte et les fenêtres qui laissent passer l'air) mais au moins nous sommes à l'abri. Pas facile de repartir le matin quand il fait froid et qu'il faut remettre les habits tout mouillés. Nous arrivons le soir dans un petit village qui nous plait tout de suite beaucoup: ici, c'est un mélange de cultures, entre la campagne (où les personnes parlent quechua et sont habillés traditionnellement) et la ville (où ils sont habillés à "l'occidentale" et parlent espagnol). Et cela sans distinction d'âge.

Ensuite nous arrivons à Loja par une jolie petite route de terre, pas encore complètement sèche. C'est beau, nous longerons une rivière au fond d'une vallée. A Loja nous sommes accueilli par des hôtes warmshowers géniaux et nous pouvons enfin nous reposer, laver nos habits et réparer définitivement le frein. Nous avons dû acheter une nouvelle poignée car en fait la pompe de l'hydraulique était cassée, ça fait mal au porte-monnaie mais toujours moins mal qu'une descente sans freins (après 2 mois à avoir des problèmes, ça commence à bien faire!)

De Loja nous allons à Vilcabamba, village très touristique où nous retrouvons la chaleur et le sec. Ici, ça fait plusieurs mois qu'il n'a pas plu. Dans un petit camping nous rencontrons un couple de français qui remontent de la Patagonie en jeep. C'est sympa de partager les expériences de voyage des uns et des autres, et ça donne plein d'envies pour la suite!

Nous quittons Vilcabamba pour nos derniers jours en Equateur. C'est agréable nous roulons en pleine nature, et pour le premier août nous trouvons un bel endroit avec une superbe vue sur les montagnes, juste le temps de monter la tente, faire à manger et admirer le coucher de soleil puis le ciel étoilé. Magnifique! Nous croyons avoir fait beaucoup de montées, mais ce n'était rien comparé au jours suivants! Nous avons juste besoin de la petite vitesse et des freins car il n'y a que deux options soit ça monte (raide), soit ça descend (raide) il n'y a pas d'entre deux. Pour couronner le tout, les 50 derniers kilomètres avant la frontière ne sont pas goudronnés. Nous passons notre dernière nuit en Equateur à Zumba, où nous demandons à la police où nous pourrions passer la nuit en sécurité (car il y a beaucoup de monde en ville, il y a une manifestation sportive). Ils nous proposent spontanément une chambre, dans la gare routière car ils possèdent un poste là-bas qu'ils n'utilisent pas. Dernier jour en Equateur, 25 kilomètres nous séparent de la frontière, au petit matin il pleuvine, la piste à la descente est une patinoire il faut vraiment descendre très lentement. A la montée il nous faut parfois pousser, nos roues sont pleines de boue, nos chaussures aussi, pas facile d'avancer. Heureusement après la première bosse le soleil revient, sèche la route et notre vélo. Mais les pentes sont tellement raide que nous passons plus de temps à pousser qu'à pédaler (vive le vélo!).

Nous arrivons enfin à la frontière, le poste de douane est vide, et nous cherchons les douaniers. Après quelques recherches nous les trouvons en train de jouer au volley. Nous devons attendre (environ 1 heure) qu'ils terminent leur partie afin de traverser le pont qui nous sépare du Pérou.

Ouf, enfin arrivés! Qu'est-ce que c'était dur l'Equateur, mais un pays magnifique, plein de surprises!

Vidéo de l'Equateur
Photos de l'Equateur

 

On a aimé

  • Les glaces
  • Les paysages
  • Les douches chaudes

On a moins aimé

  • Les chiens
  • Les chiens
  • Les chiens

On a été surpris

  • Les odeurs d'eucalyptus
  • Les papillons

Colombie

Nous arrivons de nuit en voilier dans le port de Carthagène, l'air est frais, les immeubles et les étoiles illuminent la nuit. Nous dormons une dernière fois sur le bateau. Au petit matin nous débarquons et nous allons nous installer dans un petit hostel avec certains de nos compagnons de voyage (2 Delphine françaises ainsi que Fabian et Salomé un couple zurichois). Le soir nous nous retrouvons toute l'équipe du bateau pour récupérer nos passeports et passer une dernière soirée ensemble. Nous visitons Carthagène, ville très agréable, très propre et très touristique. Vu l'excellente ambiance sur le bateau, nous nous retrouvons encore une fois tous pour un après-midi atelier chocolat (ça ne vaut pas le suisse). Le centre-ville, très colonial est magnifique et plein de petites boutiques et de restaurants comme Tessalia les aiment. Nous retrouvons aussi des vendeurs de rues, avec des arepas, des brochettes, et du chorizo. Mmm… Les rues s'animent la nuit, et nous admirons les différentes démonstrations de danse et les cours de zumba sur la place publique. C'est presque à regret que nous quittons cet endroit (magnifique, mais très cher aussi). Nous reprenons donc enfin notre vélo et quittons Carthagène, et nous découvrons là une toute autre facette de la ville. Nous avions vu le coté propre, coloré et animé et à mesure que nous nous éloignons, nous traversons des quartiers beaucoup plus pauvres et sales, jusqu'à arriver sur des chemins de terre et des gens vivant dans de petites maisons en bois. La différence entre ces deux mondes est vraiment impressionnante, et nous a presque choqué. Mais nous sommes heureux d'avoir pu voir ce que l'on n'aurait surement pas vu en prenant un bus.

Une fois sur la grande route c'est des kilomètres de route plate avec un bel accotement et un trafic assez calme. Nous retrouvons les plans de bananiers, par contre la chaleur et l'humidité nous sont extrêmement pénible. Nos corps souffrent passablement et nous essayons d'écourter les journées. Ici, nous sommes heureux de pouvoir prendre des douches froides!

Nous sommes accueillis chez un colombien, et sur la route qui mène à sa finca (ferme) nous lui demandons si la région est dangereuse. Il nous répond que nous n'avons absolument rien à craindre la région est super calme nous dit-il, mais il se promène avec un pistolet sur le tableau de bord (nous avons préféré ne pas demander plus...).

A Apartado, en quittant la côte Atlantique, nous sommes accueillis par un ami d'un warmshower qui ne pouvait nous accueillir. Mais quel accueil! Il possède un restaurant Argentin, donc pour le premier soir il nous invite à manger là-bas (comme les jours suivants d'ailleurs) (Miam! Tessalia en a même oublié qu'elle ne mangeait pas beaucoup de viande!). Il nous présente à un ami cycliste, et ils nous font visiter la ville et nous emmènent partout avec eux. Notre séjour dans cette petite ville fut vraiment très agréable. Afin d'éviter quelques belles montées et comme nous sommes un peu en retard sur notre planning (et parce que l'on fait ce que l'on veut) nous prenons le bus pour rejoindre Medellin.

Nous passons beaucoup plus de temps que prévu à Medellin car il y a vraiment beaucoup de chose à découvrir dans celle très belle et sympathique ville, qui contredit la mauvaise réputation qu'elle pourrait avoir. C'est la seule ville de Colombie à avoir un métro, les "medellinois" en sont très fier, donc il n'y a pas un déchet qui traîne, pas de graffitis ni de vitre ou de siège rayé. L'artiste Botero vient de Medellin donc il y a beaucoup de statues à travers la ville. Les autorités essayent de rendre les espaces publiques les plus conviviaux possible et ça marche dans les parcs toutes les classes sociales et tous les âges sont mélangés (les vendeurs de drogue sont à côté des personnes âgées qui jouent aux échecs, et des enfants qui font du vélo, tout ça à côté du poste de police…). Un élément surprenant, les prostituées se trouvent toujours à proximité d'une église, pour pouvoir se confesser au plus vite parait-il. Nous nous essayons même à sortir pour aller boire un verre. Ici, les voyageurs et les locaux se mélangent, au rythme du reggaeton.

Nous quittons Medellin un dimanche matin, et bien nous en a pris car tous les dimanches de 8 heure du matin jusqu'à midi, l'autoroute qui traverse la ville est fermée au trafic pour les cyclistes, rollers et autres joggeurs. Nous croisons des milliers voir plus, de cyclistes même des dizaines de kilomètres plus loin. A midi nous nous arrêtons à un restaurant au bord de la route et en voulant payer, le patron nous dit que c'est offert et nous donne encore deux bouteilles de boissons énergisante et des pâtes de fruits. Dans cette région montagneuse les gens apprécient vraiment beaucoup les cyclistes, pendant une semaine nous recevons chaque jour un cadeau. Des porte-clés en cuir, des fruits, des pâtisseries, on a même voulu nous donner 10'000 pesos (3 francs ou 5 bières) mais nous nous sommes promis de na pas accepter d'argent. La route pour Cali est relativement plate (après les montées) avec quelques averses qui nous surprennent de temps en temps, mais de magnifiques paysages plein de plantations de café.

A Cali nous sommes accueilli chez la famille, des amis d'un ami à Benoît. Nous sommes toujours autant surpris de l'accueil chaleureux que nous recevons à chaque fois. Nous profitons de leur douche chaude, de la piscine et du bain turc. Ils prennent congé afin de nous faire visiter et faire gouter les spécialités de leur ville. Cali est la capitale de la salsa mais malheureusement les spectacles sont plutôt le week-end et nous y sommes en semaine.

Ensuite les choses sérieuses commencent, nous abordons la cordière des Andes avec ses grandes descentes et loooooonnnnngues montées mais surtout, ces paysages spectaculaires!

Notre frein arrière nous joue quelques tours, et après nous avoir lâché au Guatemala lors d'une descente, voilà qu'il freine trop à la montée. (On ne s'en est rendu compte qu'après quelques heures de vélo… dur dur!) Du coup, on s'est mis ensemble à la mécanique… sans succès. Puis un mécano d'une équipe locale de cyclisme, rencontré dans un restaurant, s'y est mis aussi… toujours pas concluant. Nous avons par contre remarqué que lorsqu'il fait froid, ça remarche, miraculeusement! On ne devrait donc plus avoir trop de soucis… pour le moment.

Après 5 jours de grimpe, à plus de 1'000 m de dénivelés chaque jours (mais on a passé seulement de 1'500m à 2'500m..c'est frustrant!) et des paysages incroyables, nous arrivons à Pasto, où nous nous reposons quelques jours, partageant anecdotes sur le voyages et moment sympa avec nos hôtes. Nous sortons même danser, et buvons le traditionnel Aguardiente (semblable au pastis, mais se buvant avec sel et citron, comme la tequila) et qui ne fait pas mal à la tête le lendemain.

Après ces quelques jours, nous nous arrêtons pour notre dernière halte en Colombie, à las Lajas, un sanctuaire construit sur un pont, au fond d'un canyon. Nous en avions vu des photos quand nous étions dans le nord, et ça nous avait fait rêver. Mais ça nous paraissait tellement loin, et maintenant, nous sommes ici.

La Colombie a vraiment été une expérience extraordinaire surtout la générosité des gens rencontrés et la variété des paysages. Nous ne savons pas encore ce que nous réservent les prochains pays mais nous pouvons l'affirmer, nous reviendrons en Colombie. Nous ne pouvons que vous conseiller de venir découvrir ce magnifique pays.

Vidéo de la Colombie
Photos de la Colombie

On a aimé

  • Les rencontres
  • La nourriture
  • Les descentes

On a moins aimé

  • Les montées

On a été surpris

  • La générosité
  • L'ouverture
  • Etre millionnaire! (en pesos)